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N°3 - Mars 2007

Au sommaire du numéro 3

Chronique de Blaise : ncaa : ca marche comment ?
Zoom sur : Les calendriers
Dernières brèves
Vos questions ?
Hot Game ?

119 programmes, 11 conférences, 12 matches par équipe et 1 champion : mais comment est-ce que cela marche-t-il donc ?

La chronique n°3 se veut intentionnellement didactique en revenant sur l’organisation d’une saison de College Football. Pour beaucoup de fans assidus, calendriers de conférences, confrontations inter-conférences, matches finaux de conférences ou encore organisation des bowls n’ont plus aucun secret. Pour d’autres, déterminer un champion incontesté entre 119 équipes, quand chaque équipe ne joue que seulement 12 matches de saison régulière, peut sembler quelque peu obscur. Un coup de projecteur s’impose donc !

La Division I-A compte 119 équipes réparties en 11 conférences – dont 6 affiliées à la BCS (voir plus loin à ce sujet) – et 4 équipes indépendantes n’appartenant à aucune conférence (voir www.elitefoot.com/ncaa/ncaa.htm pour le détail des conférences).

La réglementation de la Division I-A impose à chaque équipe de jouer au minimum 60% de ses matches de saison régulière contre d’autres équipes de Division I-A. En pratique, les grosses écuries jouent généralement la totalité de leurs matches contre leurs congénères, s’autorisant parfois une confrontation contre une équipe de la division inférieure, la Division I-AA. Cinq de ces douze rencontres doivent être obligatoirement disputées à domicile (voir Demandez-le à CFC pour des détails sur la réglementation de Division I-A). En outre, l’appartenance à une conférence impose un certain nombre de confrontations au sein même de celle-ci. Ainsi, tous les ans on retrouve des rencontres entre Texas et Oklahoma dans la Big XII, USC et UCLA en Pac-10, Ohio State et Michigan dans la Big Ten, etc…

En moyenne, chacune des équipes d’une conférence donnée joue huit matches dans sa propre conférence (7 en Big East et Sun Belt qui comportent 8 équipes et 9 en Pac-10 qui en comporte 10). Cinq conférences (SEC, Big XII, ACC, C-USA, MAC) comptent deux divisions, dans chacune desquelles toutes les équipes se rencontrent. Les deux vainqueurs de divisions s’affrontent lors du match final de conférence pour le titre de Champion de conférence. Dans cinq autres (Pac-10, Big East, MWC, WAC, Sun Belt) le nombre d’équipes (7, 8 ou 9) permet à toutes de se rencontrer mutuellement. Seule la Big Ten et ses onze équipes (Penn State a rejoint la conférence en 1993 sans que celle-ci ne change de nom) ne permet pas de désigner de champion de conférence incontesté. Les trois méga-programmes que sont Michigan, Ohio State et Penn State se rencontrent tous les ans, tandis que Wisconsin ou Iowa jouent habituellement au moins deux de ces trois équipes, ce qui assure globalement l’équité et permet de couronner un champion à peu près indiscutable. Notre Dame, Army, Navy et Temple forment le groupe des Indépendants et gèrent leurs calendriers à leur guise, avec toutefois des incontournables comme USC-Notre Dame ou Army-Navy par exemple (voir Zoom sur pour des détails sur les calendriers).

A l’issue de la saison régulière, les onze conférences fournissent onze champions. Il n’y a pas de système de play-offs en Division I-A (contrairement à la Division I-AA). Un complexe système de votes (journalistes et coaches) et d’évaluation mathématique (par six méthodes informatiques) permet de classer les 119 équipes en fonction d’un certain nombre de critères : résultats, calendriers, résultats des adversaires ou encore appréciation plus ou moins objective d’un panel de coaches et de journalistes spécialisés (voir Chronique n?4 pour de plus amples détails). Dès la pré-saison, un premier classement est mis en place, essentiellement sur le potentiel et les prévisions de résultats de chaque équipe. Puis ce classement est modifié à mesure que la saison progresse, les perdants régressant dans la hiérarchie au profit des vainqueurs. Bien évidemment, le classement initial joue un rôle déterminant sur l’évaluation de chaque équipe, une équipe de haut de classement ayant tout loisir d’y rester en cas de bonnes (mais pas forcement exceptionnelles) performances, alors qu’il faudra à une équipe sous-cotée cravacher et faire (parfois plus que) ses preuves pour rejoindre le haut du classement. Ce biais montre à quel point il est important pour une équipe de faire bonne figure dès le recrutement et les entraînements du mois d’avril, afin que les observateurs lui fassent crédit d’un fort potentiel et gonfle ainsi sa cote.

Le classement final détermine quelles équipes disputeront les lucratifs bowls de fin de saison ainsi que le match du titre national. Ces matches de gala permettent de faire s’affronter des équipes de conférences différentes (qui n’en ont pas forcément l’occasion en saison régulière) et de faire se déplacer des dizaines de milliers d’étudiants dans les Etats ensoleillés à la période des vacances de Noël. Il s’agit en fait d’un big business qui rapporte des millions de dollars aux universités. Chaque bowl est sponsorisé par une société qui paie une rétribution au comité d’organisation du bowl, lequel en reverse une partie aux deux équipes participantes. Chaque Bowl émet des invitations à l’encontre des équipes éligibles qu’elles souhaitent accueillir. En toute rigueur, toute équipe ayant un bilan équilibré de 6 victoires et 6 défaites est éligible à un bowl de post-saison. Avec 32 bowls ce sont plus de 50% des équipes de Division I-A qui participent à la post-saison. Dans le cas où il y aurait plus de 64 équipes avec un bilan supérieur à 6-6, certaines équipes se verraient refuser une invitation, le choix étant laissé à la discrétion des organisateurs des bowls.

Il existe une hiérarchie des bowls laquelle est dominée par les BCS bowls. Ces derniers sont l’apanage du Bowl Championship Series qui émet à partir de la 6ème semaine de la saison régulière un classement (le fameux classement BCS) qui tient lieu de classement officiel pour l’éligibilité au BCS bowls. A l’issue de la saison, les deux premiers de ce classement s’affrontent pour le titre national au BCS National Championship Game (NCG). Celui-ci se tient alternativement sur les quatre sites des Fiesta Bowl (2007), Sugar Bowl (2008), Orange Bowl Bowl (2009) et Rose Bowl (2010). En outre, ces quatre bowls accueillent également chacun un BCS bowl. Par accord entre la BCS et six conférences affiliées (SEC, ACC, Big XII, Pac-10, Big East, Big Ten), les six champions de ces conférences seront automatiquement éligibles à ces bowls à la fin de la saison 2007 (comme ils l’étaient déjà en 2006). Le mieux classé des cinq champions des autres conférences se voit attribuer une place en BCS bowl s’il est classé dans le Top 12 ou à défaut s’il est dans le Top 16 tout en étant classé devant l’un des champions bénéficiant d’une invitation automatique. Notre Dame jouit d’un statut particulier, lui conférant une invitation s’il finit dans le Top 8. S’il reste des places disponibles après cette sélection, elles sont attribuées aux équipes des conférences qualifiant directement leurs champions et ce en suivant le classement BCS et en respectant la règle qu’au maximum deux équipes d’une même conférence peuvent participer aux BCS bowls. Les équipes éligibles doivent néanmoins justifier de plus de neuf victoires et être classées dans le Top 14.

Pour compliquer la donne, certains bowls, dont les historiques Rose, Fiesta, Sugar et Orange, ont des accords privilégiés avec quelques conférences. La sélection aux bowls suit donc des règles strictes. Elle commence évidement par les BCS bowls et en premier lieu par le NCG. A moins qu’ils soient qualifiés pour le NCG, les champions de certaines conférences sont contractuellement tenus de participer à des bowls donnés. Ainsi, des contrats lient ACC et Orange Bowl, Big XII et Fiesta Bowl, SEC et Sugar Bowl et enfin Big Ten et Pac-10 et Rose Bowl. Si un bowl perd son champion de conférence à la faveur du NCG, il est prioritaire pour choisir un remplaçant. Si deux champions de conférence jouent le NCG, les deux bowls concernés choisissent des remplaçants, la primeur étant accordée au bowl perdant le leader du classement BCS. Les BCS bowls choisissent ensuite les équipes éligibles pour compléter leurs oppositions. L’ordre de choix permute tous les ans selon la date et le lieu du NCG. En règle générale, les oppositions sont organisées de façon à éviter des re-matches de saison régulière ou de BCS bowls des années précédentes ou encore en évitant d’inviter une même équipe deux années consécutives. Il n’y a toutefois pas d’obligation.

Pour 2007, les champions des conférences affiliées à la BCS bénéficient d’une qualification automatique pour les BCS bowls. En 2008 et 2009, cet accord sera remis en cause. La qualification automatique sera attribuée aux champions de conférences (entre 5 et 7) répondant aux critères d’une évaluation mathématique de la valeur des conférences sur les années 2004 à 2007 (pour chaque conférence : rang BCS final de l’équipe la mieux classée, rangs BCS de fin de saison régulière de toutes les équipes, nombre d’équipes classées dans le Top 25 final de la BCS). Les accords entre conférences et BCS bowls seront quant à eux maintenus.

D’autres bowls ont des accords avec les conférences. Parmi les plus prestigieux, le Capital One Bowl et l’Outback Bowl invitent des équipes de SEC et Big Ten (le Capital One Bowl choisit en premier, juste après les sélections aux BCS bowls), le Gator Bowl oppose une équipe de l’ACC à un membre de la Big East, de la Big XII ou Notre Dame, le Cotton Bowl est trusté par la Big XII et la SEC. Il est à noter que ces accords varient en fonction des sponsors.

L’organisation de la post-saison est donc complexe et suit un processus bien identifié : les BCS bowls choisissent leurs équipes en premier, puis les bowls mineurs se servent en suivant une hiérarchie basée pas tant sur le prestige que sur le chèque reversé aux équipes invitées et sur les accords avec les conférences qui en découlent. Si le système ne semble pas forcément au point pour l’attribution du titre de champion, il faut bien réaliser que la post-saison est avant tout une énorme histoire de billets verts. Avec une couverture médiatique nationale et une omniprésence de leurs noms dans les annonces et reportages de presse et de télévision, les bowls de fin de saison sont un formidable coup de pub pour les sponsors. Pour les villes hôtes, la post-saison est l’occasion de recevoir un afflux de plusieurs dizaines milliers de visiteurs sur les quelques jours entourant la date du bowl. Les étudiants profitent en effet massivement de l’occasion pour aller, au début de l’hiver, soutenir leurs favoris à l’autre bout du pays. Enfin, le business de la post-saison profite aux universités participantes, auxquelles les comités d’organisation reversent des millions. A titre d’exemple, avec deux équipes en BCS et aux Capital One Bowl et Outback Bowl, les conférences SEC et Big Ten ont engrangé chacune plus de 30 millions de dollars. En général, avec de telles rentrées d’argent, les Départements des Sports des Universités s’acquittent sans trop de problèmes des controverses sur l’attribution du titre de Champion …


Dernières brèves

Phillip Fulmer, le head coach des Tennessee Volunteers a signé une extension de contrat de deux ans, l’engageant ainsi avec les Vols jusqu'en 2013. Son salaire annuel de 2.05 millions de dollars n’a pas été renégocié.

Le coach de Wake Forest Jim Grobe s’est vu proposé un nouveau contrat de dix ans à la tête des Demon Deacons, contrat courant donc jusqu’en 2016. Il s’agit, pour le coach élu entraîneur de l’année par la presse après avoir conduit son équipe au titre de l’ACC, d’une renégociation de son contrat actuel de dix ans signé en 2003. Après six ans à Wake Forest, le bilan de Jim Grobe est de 37-35, avec deux participations en post-saison dont une en BCS à l’Orange Bowl en 2006 (match joué en janvier 2007). Le montant du contrat n’a pas été dévoilé par le Département des Sports de l’université.
C’est signé pour Chris Petersen. Comme annoncé dans la précédente chronique, Boise State a proposé un contrat de cinq ans à 850 000 dollars annuel à son actuel coach, auteur d’une remarquable saison à la tête des Broncos (13-0 et une victoire au Fiesta Bowl). En outre, Petersen recevra une prime de 161 500 dollars si Boise State atteint douze victoires en 2007 et 100 000 dollars de plus s’il se qualifie pour un BCS bowl. Le contrat devait initialement porter sur une somme plus importante mais Petersen a insisté pour que les salaires de ses assistants soient plutôt davantage augmentés.
Le coach d’Iowa State Gene Chizik a accepté un nouveau contrat sur six ans de 6.75 millions de dollars. Une prime de 100 000 dollars lui sera également accordée pour une qualification au Big XII Championship Game ainsi qu’une prime équivalente en cas de succès ou de qualification pour un BCS bowl.
Ça remue du coté d’Arkansas. Début février, le légendaire (ancien) coach et actuel Directeur des Sports de l’université Frank Broyles annonçait sa retraite pour la fin 2007. Avec sept titres de la SEC et deux victoires au Cotton Bowl, Broyles est l’entraîneur le plus prolifique de l’histoire d’Arkansas. Peu après cette annonce, Frank Broyles a encouragé la Direction de l’université à prolonger le contrat de l’actuel coach Houston Nutt jusqu’en 2012. Cela pourrait sembler tout ce qu’il y a de plus normal, si Nutt n’était pas au cœur d’une tourmente qui en éclipserait presque le bon parcours des Razorbacks en 2006 (10-4, titre de la SEC West). Flashback. En 2005, Arkansas embauche Gus Malzahn en tant que coordinateur offensif. Malzahn était jusqu’alors entraîneur du lycée de Springsdale. Dans ses bagages, il amène avec lui quatre recrues : le très convoité QB Mitch Mustain, le TE Ben Cleveland et les WR Damian Williams et Andrew Norman. Les quatre garçons espèrent alors participer pleinement à un jeu offensif fait à leur mesure. Mais les choses ne se passent pas exactement ainsi et au cours de la saison, les parents de trois d’entre eux obtiennent une entrevue avec Frank Broyles pour exprimer leur mécontentement au sujet de l’attaque, trop basée selon eux sur le jeu de courses de Darren McFadden et Felix Jones (qui soit dit en passant, et n’ayons pas peur des mots, est la meilleure doublette de RB de tout le pays).
Autant dire que Fayetteville croit carrément halluciner de voir des parents de bleuets s’immiscer dans la direction et la gestion de son équipe de football. L’histoire se poursuit avec le départ annoncé début 2007 de Gus Malzahn pour Tulsa. Damian Williams et Mitch Mustain en profitent pour demander leurs lettres de départ, qu’ils obtiennent. Pour l’heure, Mustain a repris les cours à Arkansas, repoussant à plus tard sa décision de quitter ou non le programme de football. Williams, quant à lui, a décidé de rejoindre USC. Aux dernières nouvelles, McFadden et Jones courent toujours. Très vite.
Le prestigieux Cotton Bowl déménage. Depuis 1937, date de sa création, le Cotton Bowl se déroulait tous les ans dans la banlieue de Dallas, à Fair Park, dans le stade du même nom. A partir de 2010, il se jouera dans le nouveau stade des Dallas Cowboys, à Arlington. Le stade couvert de 80 000 places (voire étendu à 100 000) dont le coût est estimé à plus d’un milliard de dollars doit ouvrir ses portes pour la saison NFL 2009. Le comité de direction du Bowl a justifié sa décision par la volonté de faire du Cotton Bowl un candidat sérieux à l’accueil d’un prochain BCS National Championship Game. Le stade Cotton Bowl continuera pour sa part à accueillir le match annuel de la Big XII entre Texas et Oklahoma


 

 


... zoom .... zoom .... zoom .... zoom .... (par Blaise Collin)
LES CALENDRIERS

Avec l’impossibilité de réunir 119 participants dans un seul et même championnat, les équipes de Division I-A sont regroupées en conférences. Chacune de ces conférences organise son propre championnat, lui permettant de sacrer son champion.

Pour compléter les matches de conférences, les équipes se rencontrent lors de matches dits de « non-conférences » dont les résultats (en plus de ceux obtenus intra-conférences) servent à établir le classement BCS, porte d’entrée aux lucratifs BCS bowls et surtout à la grande finale du National Championship Game qui détermine le champion national.

Pour maximiser ses chances d’éligibilité aux BCS bowls, une équipe doit bien entendu rendre le meilleur bilan possible. En pratique, toute équipe ayant perdu plus d’un match voit ses chances s’effondrer. Mais un bon bilan ne suffit pas, encore faut-il que son calendrier soit jugé suffisamment difficile par les experts journalistes, les coaches ou les modèles mathématiques du ranking BCS (qui introduisent justement un paramètre « difficulté du calendrier » dans leurs calculs) pour qu’une équipe mérite son invitation à l’un des BCS bowls.

Pour résumer, une équipe voulant postuler au titre national doit d’une part remporter sa conférence et d’autre part gagner ses matches hors conférence contre des adversaires dignes de ce nom. Mais dans tous les cas, le choix des adversaires est libre. Et c’est bien là une des spécificités du College Football, dans lequel les équipes élaborent leurs propres calendriers. Toute la difficulté est bien entendu de parvenir à un calendrier à la fois solide et accessible : ne pas rencontrer trop d’équipes faibles pour rester crédible au plan national mais ne pas non plus risquer de perdre plus d’un match en affrontant un trop grand nombre de gros calibres. Il faut en outre respecter les règles de la NCAA (voir Demandez-le à CFC) en assurant une moyenne minimale de 15 000 spectateurs lors de cinq matches à domicile. Et rien de mieux qu’une confrontation alléchante contre un ténor pour attirer les foules…

Les matches inter-conférences entre deux équipes se négocient sur deux ans, de façon à ce que chacune des équipes puisse jouer une fois à domicile. Lorsque toutes les équipes ne peuvent se rencontrer au sein de la conférence (c’est le cas dans celles qui comptent plus de 10 équipes) le calendrier intra-conférence est redéfini tous les deux ans (mais programmé deux à trois ans à l’avance). Certaines équipes disparaissent donc temporairement du calendrier pour réapparaître deux ans plus tard. Les grandes rivalités sont quant à elles quasiment institutionnalisées avec une fréquence annuelle. C’est le cas par exemple de Miami-Florida State, d’Alabama-Tennessee, ou de la plus célèbre rivalité d’entre toutes qui oppose Ohio State à Michigan.

En outre, les matches hors-conférences permettent également aux super-programmes des différentes conférences de se renconter. Il y a bien évidemment un aspect à la fois médiatique et financier à l’affaire. Ainsi, Ohio State et Texas se sont affrontés en 2005 à Columbus et en 2006 pour la revanche à Austin. Ces matches sont parfois prévus plusieurs années à l’avance. Ainsi Penn State et Alabama ont déjà conclu un accord pour jouer une double confrontation en 2010 et 2011.

En règle générale, beaucoup de prétendants au titre incluent à leur calendrier un adversaire de Division I-AA qu’ils affrontent de préférence en début de saison pour « se faire la main ». Le contre-exemple parfait est le Miami-FSU qui ouvre annuellement la saison en ACC pour les deux programmes dès la première semaine de la saison.

Pour finir, un petit mot sur les Indépendants. Globalement, les mêmes règles s’appliquent aux quatre équipes (Army, Navy, Notre Dame, Temple) qu’à celles des onze conférences de Division I-A, hormis qu’ils n’ont pas de matches de conférence imposés. L’élaboration de leurs calendriers est donc plus libre mais il y à la aussi des impondérables. A titre d’exemple, Notre Dame joue quasi-systématiquement Purdue, USC, Michigan ou encore Navy, ce dernier ayant également une confrontation annuelle contre le rival Army.

Vos réactions et vos questions sur la
Chronicle du College Football :
ask_cfc@yahoo.com

Toutes les questions seront, dans la mesure du possible, répondues personnellement. Les meilleures d’entre-elles apparaîtront dans cette rubrique.

Je voulais savoir quels étaient les critères précis pour qu'une université puisse monter en première division ? Quand on voit qu'il y à 3 facs (Owls, Golden Panthers, 'Canes) à Miami, on se demande des fois si c'est bien réglo cette affaire ! – Belette

Formellement la Division I compte trois subdivisions (I-A, I-AA et I-AAA). Les grosses écuries jouent en I-A. Les critères d’éligibilité à la Division I-A sont au nombre de trois : niveau de compétition, allocation de ressources, support populaire.

Pour détailler, une équipe de I-A doit obligatoirement jouer au minimum 60% de ses matches contre d’autres équipes de Division I-A dont au moins cinq à domicile. A compter de la saison 2006-2007, il est autorisé d’inclure dans ces cinq matches une confrontation contre une équipe de Division I-AA, si cette dernière alloue au moins sur une période courante de deux ans 90% du nombre autorisé de ses bourses d’études (simple, non ?).
Cette règle s’applique également à l’équipe de I-A elle-même : 90% de ses 85 bourses (maximum autorisé en I-A) doivent être attribuées sur une période courante de deux ans aux étudiants athlètes de son équipe de football. En outre, le coaching staff est limité à douze membres (1 head coach, 9 coaches assistants et 2 étudiants coaches).

Sur le deuxième critère, les universités qui veulent maintenir leur équipe de football en Division I-A doivent offrir au moins 200 bourses d’études à des étudiants sur un minimum de seize sports, dont au moins huit sports exclusivement féminins et six masculins ou mixtes. Bien évidemment, le football doit faire partie de ces seize sports. Alternativement, si le total de bourses n’atteint pas 200, l’université doit consacrer au moins 4 millions de dollars à l’ensemble ces bourses.

Le dernier critère concerne le public. Toute équipe de Division I-A doit justifier à chaque match à domicile d’au moins 15 000 spectateurs présents ou payants (certains payants n’étant pas forcement présent dans le stade, par exemple dans le cas d’achat de packs pour la saison entière) et ce au moins une fois toute les deux saisons. Si tout cela est respecté, bienvenue en I-A.

On voit que ces critères n’empêchent nullement une ville importante (comme Miami) d’avoir plusieurs programmes en Division I-A. Evidemment, toute entorse au règlement entraîne un avertissement. Une récidive dans les dix ans qui suivent prive l’université fautive d’éligibilité à un bowl de post-saison pour la saison suivante. Si les critères ne sont toujours pas remplis après cette année de probation, l’équipe perd son statut de membre de Division I-A. Pour le récupérer, elle doit suivre une procédure spéciale de deux ans, période pendant laquelle elle n’est plus éligible à la post-saison. Pendant la première année du processus, l’équipe doit satisfaire à tous les critères de I-A hormis celui concernant le calendrier des matches. Lors de la seconde année, elle doit satisfaire à l’ensemble des critères de la Division I-A. A l’issue de cette seconde année et en cas de respect des règles de la procédure, l’équipe récupère son statut de membre de la Division I-A. Welcome back !

Pour une équipe de Division I-AA désireuse de monter d’un échelon, une demande doit être envoyée par le CEO de Division I-AA au Président de la NCAA et l’université candidate doit s’acquitter de frais de dossiers de 5000 dollars.
Elle doit ensuite suivre la fameuse procédure de deux ans. Au final, elle peut intégrer la Division I-A, en Indépendant ou au sein d’une conférence, si l’une d’entre elle est désireuse de l’accueillir. Pour exemple, l’équipe de Western Kentucky a déposé mi-2006 un dossier pour intégrer la Division I-A au sein de la conférence Sun Belt en 2009. Ce nouveau statut lui permettra donc d’être éligible pour les bowls. C’est la différence majeure d’avec son ancien statut de membre de la Division I-AA, mises à part quelques petites différences sur les trois critères d’éligibilité. Pour déterminer son champion, la Division I-AA a recours à un système de playoffs entre ses seize meilleures équipes à l’issue de la saison régulière (dont obligatoirement les huit champions de conférence). A contrario, la Division I-A organise en fin de saison toute une série de bowls, dont les lucratifs BCS bowls. Cette différence sur la post-saison a précipité l’abandon des appellations I-A et I-AA pour respectivement FBS (Football Bowl Subdivision) et FCS (Football Championship Subdivision)..


Que va devenir l'hyper talentueux et spectaculaire Tim Tebow une fois starter : va-t-il tenir une saison complète avec la pression sans exploser ?
Et une subsidiaire : Garrett Wolfe (étonnant contre Ohio State) est-il un nouveau Dave Meggett/Warrick Dunn ou un nouveau John Avery ? – Pierre Emmanuel Guérin

Tim Tebow est la star à suivre en 2007. Il n’aura sans doute aucune chance au Heisman Trophy, car il n’est que sophomore cette année et que des QB comme John David Booty (USC), Brian Brohm (Louisville), Pat White (West Virginia) ou Colt Brennan (Hawaii) seront sur la fin de leurs carrières universitaires. Au même titre que Colt McCoy à Texas, il sera très intéressant de suivre les performances de la petite perle de Florida, d’autant plus qu’il jouera avec le poids d’un titre national à défendre et donc avec une pression médiatique énorme.
Pour la petite histoire, lors du match « Orange and Blue » du printemps dernier à Gainesville (opposition traditionnelle entre les anciens et les nouveaux), Tebow a rendu une feuille de stat de 15/21, 197 yds et 1 TD. Suffisant pour que certains fans des Gators le réclament au poste de starter. Urban Meyer lui a préféré Chris Leak mais Tebow a activement participé à la brillante saison de Florida sur quelques jeux bien négociés, notamment grâce à ses capacités de course. Disons qu’avec des stats 2006 de 22/33, 358 yds, 5TD, 1INT à la passe et 89 rush, 469 yds, 8 TD à la course, l’extrapolation à une saison complète aux commandes de l’attaque des Gators conduit à des chiffres carrément indécents. Après avoir sorti de bonnes performances contre LSU (3 TD) ou Ohio State (2 TD), on peut dire que Tim Tebow est capable de jouer dans la cour des grands.
Je ne pense personnellement pas qu’il connaisse un coup de mou en 2007, même si personne n’est à l’abri d’une baisse de régime à la Erik Ainge (QB, Tennessee). Je pense aussi qu’il sera à l’aise avec les media qui suivent son évolution depuis longtemps et avec la pression que toutes les futures stars d’Etats tels que la Floride, le Texas ou la Californie supportent dès le lycée. La question serait plutôt de savoir si les Gators seront au niveau de leur QB et surtout si la défense pourra éviter les défaites qui coûteraient à Florida un back-to-back au Championship Game.

Dunn, Dun, Dunn ! Garrett Wolfe devrait être un nouveau Warrick Dunn. Avec 309 rush, 1928 yds (soit 148.3 yds/match) et 18 TD en treize matches, le RB de Northern Illinois a terminé 2006 en tête du classement statistique des coureurs.
En trois saisons chez les Huskies (il n’a pas joué son année de redshirt freshman pour raisons académiques) Wolfe rend une carte moyenne de 269 rush, 1721 yds et 17 TD. Du très lourd. Le joueur, capable de sortir des performances titanesques – 353 yards à Ball State (2006), 325 yards à Eastern Michigan (2004), 280 yards encore à Ball State (2004), 263 yards contre Buffalo (2006), 277 yards contre Western Michigan (2005) ou encore 270 yards contre Akron (2005) – a notamment impressionné lors de matches chez les super-programmes Michigan (148 yards en 2005) ou Ohio State (171 yards en 2006).
En constante progression depuis ses débuts en 2004, Garrett Wolfe a monopolisé l’attention des media en septembre 2006, enchaînant les prestations heismanesques avec six matches à plus de 160 yards et une moyenne de 224 yards/match. Venant d’une conférence peu exposée (la Mid-American), Garrett Wolfe explosait véritablement aux yeux de l’Amérique. Mais la surprenante contre-performance à Western Michigan (25 petits yards), début d’une série de quatre matches à 48 yards de moyenne, a vite refait tomber l’excitation. Les 28 yards au Poinsettia Bowl contre TCU ont confirmé cette tendance à la baisse. Si ses absences de fin de saison 2006 sont un peu rédhibitoires, le niveau réel de Garrett Wolfe est difficilement contestable.

Sa carrière NFL devrait fort logiquement ressembler à celles de Dave Meggett ou Warrick Dunn. Pour mémoire, Dave Meggett (ex-RB Morgan State et Towson University) a joué dix ans en NFL (Giants, Patriots, Jets), essentiellement en position de punt et kickoff returner, poste auquel il a été particulièrement performant comme l’attestent ses deux participations au Pro Bowl ainsi que sa ligne de statistiques : 1648 yards à la course (8 TD), 3083 yards en réception (11 TD), 3708 yards en retours de punts (7 TD) et 5566 yard en retours de kickoffs (1 TD), soit un total de 14005 yards pour 29 TD. Lors de sa saison senior en universitaire à Towson University (Division I-AA), Dave Meggett a obtenu le Walton Payton Award, récompensant le meilleur joueur offensif de I-AA, ce qui lui a valu une sélection au 5ème tour de la draft NFL en 1989 par les NY Giants. Warrick Dunn, quant à lui, est issu de Florida State et a été drafté au 1er tour en 1997 (si, si, je vous assure, FSU a déjà joué avec de vrais bons running backs !). Il y détient le record du nombre de yards en carrière (3959) et le record sur une saison (1242) et est le seul Seminole à avoir atteint les 1000 yards trois années consécutives. Performances qui lui ont valu d’avoir son maillot retiré et placé aux cotés de ceux de Fred Biletnikoff, Deion Sanders ou Charlie Ward, excusez du peu !
Depuis dix ans qu’il joue en NFL (aux Buccaneers puis aux Falcons), Dunn a accumulé 9461 yards à la course et 3771 yards en réception, le tout agrémenté de 58 TD (43+15). A l’opposé, John Avery n’a jamais franchi le cap NFL. Ou plutôt n’a jamais réussi à y percer. En deux ans à Mississippi (en provenance de Northwest Mississippi Community College), Avery a brillé : 1353 yards combinés et 6 TD en cinq matches en 1996 puis 1336 yards combinés et 8 TD en 1997. De quoi être sélectionné en fin de 1er tour de draft en 1998 par les Dolphins. Après une première année atomique (1655 yards combinés, record de la franchise pour un rookie), Avery a été échangé en 1999 contre le WR de Denver Marcus Nash et n’a quasiment plus revu un terrain. Deux ans après, il quittait la NFL pour les ligues mineures puis le Canada. Notez tout de même qu’Avery a aligné des stats très solides et retenté sa chance en NFL, mais des blessures à répétition l’ont empêché de rejoindre l’élite. On n’est donc pas dans un scénario où un excellent joueur universitaire aurait été incapable de produire du jeu chez les pros. Quelques concours de circonstances et une santé fragile ont poussé prématurément une étoile montante vers la sortie. Le point commun entre ces quatre joueurs est avant tout leur petite taille (entre 1m70 et 1m75) et leur habileté en retour de punts et de kickoffs. Les petits RB peuvent réussir en NFL (Barry Sanders, ou Warrick Dunn justement).

Le fait de sortir d’une grosse université (Oklahoma State pour Sanders, Florida State pour Dunn) peut être un atout (mais Meggett s’en est bien sorti tout de même). La clé du succès de Garrett Wolfe en NFL (il devrait y être drafté entre les 3ème et 6ème tours) sera peut-être plus sa santé que son talent. Sujet aux pépins physiques (1 match manqué en 2004, 3 en 2005), il pourrait pâtir d’une blessure tôt dans sa carrière pro et suivre alors les traces de John Avery. Sans cela, Garrett Wolfe semble prêt pour une carrière à la Dunn ou à la Meggett. Barry Sanders est, quant à lui, peut-être un peu trop extra-terrestre dans cette liste. Un facteur pour l’instant inconnu est finalement le rôle que Wolfe aura à tenir dans sa future franchise. Sans doute celui de backup du RB titulaire et plus probablement celui de kickoff et punt returner. De quoi montrer toute l’étendue de son talent. La première étape vers ce probable succès passe par la Draft NFL. Rendez-vous les 28-29 avril !


Got game ?

Un jeu spectaculaire de College Football en vidéo.
: www.youtube.com/watch?v=G4GoBoY7DdA
Quoi : « Lavar leap » (sur une bonne idée de Renaud Bastien)
Quand : 30 Octobre 1999, Penn State @ Illinois.
Qui : Lavar Arrington (LB, Penn State).
Comment : 4th down & short pour le Fighting Illini. Le linebacker des Nittany Lions rentre en action. Got D ?

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