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N°2 - Février 2007

Au sommaire du numéro 2

Zoom sur : Recrutement
Dernières brèves
Chronique de Blaise : Bilan de la saison par conf.
Vos questions ?

... zoom .... zoom .... (par Blaise Collin)

Le recrutement

Une des activités majeures d’un coaching staff de College Football est de s’occuper du recrutement de lycéens pour renforcer son équipe et construire l’avenir. Chaque année, le recrutement donne lieu à une véritable bataille pour attirer les meilleurs espoirs. Ces lycéens se voient offrir des bourses d’études et sont, pour les meilleurs d’entre eux, courtisés des mois voire des années avant la fin du lycée. Habituellement, le recrutement est régional, les universités attirant les jeunes joueurs du terroir souvent attachés à rester près de leurs familles et parfois eux-mêmes ardents supporters de l’université locale. Quelques exceptions existent pour certains programmes, comme USC ou Notre Dame par exemple, qui ont un rayonnement national du fait de leur réputation et de leur prestige.

Pour intégrer un programme de Division I-A, il faut non seulement être un très bon joueur, mais également remplir les conditions d’éligibilité académique. Cette éligibilité se traduit par l’obtention du minimum requis à un test (ACT ou SAT) ainsi qu’un dossier scolaire répondant à certaines règles édictées par la NCAA : obtention du diplôme du lycée et de notes minimales (GPA) dans quatorze (seize à partir de 2008) unités de valeurs prédéfinies. Il n’est pas rare que les standards universitaires (GPA requis) soient baissés pour les athlètes, leur permettant ainsi d’être enrôlés dans des établissements de renom et de pouvoir y participer aux compétitions sportives, véritable vitrine pour les universités.

Les joueurs de lycée qui souhaitent jouer au niveau universitaire peuvent faire leur propre publicité auprès des universités, en envoyant par exemple une lettre de présentation accompagnée d’un DVD de highlights. Un business de service de recrutement s’est développé pour aider les candidats dans leurs démarches. Pour les espoirs potentiels, les matches de lycée étant télévisés, les staffs de College Football ont accès aux images et aux comptes-rendus de la presse.

Il existe également un véritable business autour du recrutement, chaque joueur étant noté (de une à cinq étoiles), son jeu décortiqué et analysé. Les universités peuvent donc s’aider de ce catalogage pour les aider à trouver le joueur qu’il leur faut à la position souhaitée.

Quand un programme est intéressé par un joueur de lycée, il peut le contacter sous certaines règles bien précises. Le processus de recrutement s’étale sur une année complète (du 1er août au 31 juillet) par alternance de périodes bien définies au cours desquels les coaches peuvent rendre visite aux recrues visées ou encore les accueillir sur leurs campus lors de visites officielles ou non. L’université se renseigne sur le joueur par divers moyens : contacts avec le joueur et ses proches, avec son coach de lycée ou encore par les rapports des scouts dont le métier est de détecter les éventuelles stars du futur.

Après les entrevues et lorsqu’un joueur et un staff se sont mis d’accord, le joueur donne généralement un accord verbal. Celui-ci est connu de tous les recruteurs potentiels et fait usuellement acte d’engagement. Mais rien n’est joué avant que le joueur signe sa Lettre d’Intention, laquelle l’engage définitivement auprès de son université en échange d’une bourse d’études. Cette signature a lieu chaque année à une date bien précise, début février. Il est d’usage que toutes les lettres soient signées à cette date mais il arrive parfois que certains joueurs retardent leur décision de quelques semaines, comme ce fut le cas l’an dernier pour le WR Vidal Hazelton, dont le père avait initialement refusé de signer la lettre destinée à USC espérant que son fils signerait plutôt à Penn State.

Il n’est pas rare que les joueurs les plus convoités sélectionnent officiellement une demi-douzaine d’universités possibles. A ce petit jeu, des programmes comme USC, Florida, Texas, Notre Dame ou Michigan se taillent la part du lion des recrues à fort potentiel. Riches d’un terreau d’excellents lycéens au niveau régional, ces équipes attirent en premier lieu les meilleurs joueurs de leurs propres états et se permettent même le luxe de faire venir les stars des états voisins.

Pour 2007, c’est Florida qui hérite de la classe la plus talentueuse dans son ensemble. USC, proche deuxième, récupère quant à lui les quelques meilleurs joueurs du marché. En troisième position, on retrouve Tennessee. Il est intéressant de notre que certains programmes aux résultats plutôt faibles sont capables d’attirer de très bonnes recrues, lesquelles y auront la possibilité de jouer immédiatement et d’être sous les projecteurs pendant les quatre ans de leur scolarité sans être barrées par les recrues des années passées. C’est le cas notamment cette année de North Carolina ou d’Illinois dont les classes sont toutes deux dans le Top 20.


Dernières brèves

Le nouveau coach d’Alabama Nick Saban vient de s’acheter une maison de 680 m2 pour la modique somme de 2.9 millions de dollars. La demeure de onze chambres et cinq salles de bains est située dans une banlieue chic de Tuscaloosa. Nick Saban a été embauché à la tête des Crimson Tide en janvier de cette année avec un contrat garanti de huit ans et un salaire annuel de 4 millions de dollars

Rutgers prolonge le contrat de Greg Schiano de quatre ans, la deuxième extension en moins de deux ans. Fin 2005, le contrat du head coach des Scarlet Knights avait été prolongé jusqu’en 2012. Il court désormais jusqu’en 2016. Greg Schiano, embauché en 2000, a transformé un programme de seconde zone en l’une des dix meilleures équipes de 2006, emmenant Rutgers à son premier bowl depuis vingt sept ans et à la première victoire en bowl de son histoire.
Boise State s’apprête à proposer une nouveau contrat de cinq ans et 4.25 millions de dollars à Chris Petersen qui a mené les Broncos à une saison parfaite (13-0) ponctué par une superbe victoire au Fiesta Bowl. Chris Petersen entame actuellement la deuxième année d’un contrat de cinq ans à la tête de Boise State, avec un salaire annuel de 575000 dollars.
Charlie Weis, le head coach de Notre Dame, est actuellement en procès contre deux chirurgiens qu’il accuse de négligence suite à une gastroplastrie par dérivation gastrique en 2002. Charlie Weis affirme que les chirurgiens n’ont pas pris au sérieux une hémorragie post-opératoire qui l’a tenu pendant plus d’un mois à l’hôpital et qui aurait pu lui coûter la vie. Le procès a été ajourné avant son terme, alors qu’un des jurés a été secouru par l’un des chirurgiens suite à un malaise.
Wisconsin révise le contrat de son head coach Bret Bielema le portant à 7.5 millions de dollars sur cinq ans. Cette révision récompense une saison record pour Wisconsin, avec douze victoires pour une seule défaite et un succès au Capital One Bowl pour la première année de Bielema à la tête des Badgers. Le précédent contrat de 4 millions de dollars sur cinq ans devait prendre fin en 2011.
Le coach d’Oregon Mike Bellotti accepte une extension de contrat de cinq ans à la tête des Ducks. En poste depuis douze ans, il est à l’origine de dix des vingt bowls de l’histoire d’Oregon et il est le seul coach des Ducks à avoir mené l’équipe à plus de dix victoires dans une saison, et ce à trois reprises.


 
Bilan de la saison 2006-2007

Pour cette deuxième chronique de l’année, Elitefoot.com revient sur le bilan de la saison 2006-2007. Passées au crible, les révélations, confirmations et déceptions de chacune des six conférences affiliées à la BCS, sans oublier les équipes phares des conférences mineures ou des Indépendants.

BIG EAST

Louisville (#6 AP / #7 USA Today) (1)
Il aura fallu attendre la toute dernière semaine et la défaite de Rutgers à West Virginia (39-41 OT) pour que Louisville soit sacré dans la Big East. Avec un bilan de six victoires et une seule défaite (25-28 à Rutgers en semaine 11), les Cardinals remportent leur premier titre de Champion dans une conférence qu’ils ont rejoint à l’aube de la saison 2005-2006. Louisville a connu un début de saison convaincant avec notamment une belle victoire sur #17 Miami(2). Le succès étriqué (23-17) sur Cincinnati un mois plus tard a montré que malgré tout les Cardinals n’avaient pas le calibre d’un favori pour le titre national. Avec sa victoire sur #3 West Virginia, Louisville aurait pourtant pu prétendre au match de Glendale le 8 janvier, mais la défaite à #15 Rutgers la semaine suivante a ruiné ces espoirs. Au final, Louisville réalise une saison très solide qui lui permet de revoir pour 2007 ses ambitions à la hausse.

(1) Classements finals de l’Associated Press (les journalistes) et de USA Today (les entraîneurs)
(2) Classement AP au moment de la confrontation

Rutgers (#12 AP / #12 USA Today)
Vainqueurs des Cardinals en semaine 11, les Scarlet Knights avaient leur destin entre les mains pour remporter leur premier titre de Champion de Conférence. La surprenante défaite à Cincinnati (11-30) huit jours plus tard laissait un bien maigre espoir avant le final à #15 West Virginia. Avant ce dernier match, Rutgers (5-1) et Louisville (5-1) partageaient alors en effet le même bilan, l’avantage au classement de la conférence allant aux Scarlet Knights, vainqueurs de leur confrontation directe. Défaits d’un cheveu (39-41 OT) par les Mountaineers, Rutgers devait finalement se contenter d’une deuxième place dans la Big East. Après une saison 2005 en demi-teinte (7-5 au total, 4-3 dans la Big East), les Scarlet Knights sont LA révélation de 2006. Le plus dur reste pourtant à venir : confirmer.

West Virginia (#10 AP / #10 USA Today)
En début de saison, les Mountaineers rêvaient de titre national. Classés #5 en pré-saison et fort d’un solide bilan 2005 (11-1, 7-0), les Champions sortants de la Big East sont tombés de haut. Deux défaites à Louisville (34-44) et surtout à domicile contre South Florida (19-24) ont anéanti successivement les chances de titre et celle d’un BCS bowl. Avec une armada offensive presque totalement reconduite pour la saison 2007 (QB Pat White, RB Steve Slaton et Owen Schmitt, WR Darius Reynaud), West Virginia aura à cœur de se racheter. Toute autre conclusion qu’au minimum un BCS bowl serait très mal accueillie par les fans de Morgantown !

Reste de la meute
South Florida réalise le même bilan que l’an passé dans la Big East (4-3) et se fend au passage d’une belle victoire sur #7 West Virginia. En 2005, les Bulls s’étaient déjà payés Louisville. Preuve que l’équipe de Jim Leavitt est capable de bien faire, comme le prouve d’ailleurs son excellent bilan global de neuf victoires pour quatre défaites (6-6 en 2005).

Un bilan qu’a frôlé un Cincinnati (8-5, 4-3) en net progrès par rapport à 2005 (4-7, 2-5), notamment grâce à une éclatante victoire sur #7 Rutgers et malgré un déplacement périlleux chez #1 Ohio State (7-37). Mark Dantonio réussit donc à emmener sa jeune équipe des Bearcats en post-saison, où peu de gens l’attendaient pourtant.

Dans cette conférence, la déception est venue de Pittsburgh (6-6, 2-5), en recul par rapport à l’année passée (5-6, 4-3) et qui manque l’éligibilité à un bowl pour la seconde saison consécutive. Les Panthers sont bien loin de leur titre de 2004...

En fond de classement, Connecticut ne remporte qu’une (courte) victoire dans la Big East (46-45 contre Pittsburgh). Les Huskies régressent par rapport à 2005 (5-6, 2-5) et partagent la dernière place de la conférence avec Syracuse. Les Orange ne gagnent également qu’un match en Big East cette année (contre Connecticut justement 20-14) soit une unité de mieux qu’en 2005. Après la saison catastrophique de l’an passé (1-11, 0-7), les quatre victoires des Orange résonnent presque comme un triomphe dans les rues de Syracuse.

Top performers (3)

Brian Brohm (QB, Louisville) : 199/313, 3049 yds, 16 TD, 5 INT (11 matches)
Tyler Palko (QB, Pittsburgh) : 220/322, 2871 yds, 25 TD, 9 INT (12 matches)
Matt Grohe (QB, South Florida) : 202/307, 2576 yds, 15 TD, 14 INT (13 matches)
Ray Rice (RB, Rutgers) : 335 rush, 1794 yds, 20 TD (13 matches)
Steve Slaton (RB, West Virginia) : 248 rush, 1744 yds, 16 TD (13 matches)
Harry Douglas (WR, Louisville) : 70 rec, 1265 yds, 6 TD (13 matches)

(3) 2500+ passing yards pour les QB, 1250+ rushing yards pour les RB, 1000+ receiving yards pour les WR/TE

SEC

SEC Championship Game
Florida 38 – Arkansas 28

---------------------------------- SEC East ----------------------------------

Florida (#1 AP / #1 USA Today)
On prédisait l’enfer à cette équipe de Florida en début de saison, en raison d’un calendrier titanesque dans la meilleure conférence de Division I-A. Aller à Tennessee, Auburn et Florida State et recevoir Alabama, LSU, Georgia et South Carolina n’était certes pas une sinécure. En sortir indemne aurait relevé de l’exploit ou aurait révélé une très grande équipe. En remportant sans trembler le titre national face à Ohio State (41-14), Florida a prouvé qu’il était très solide. En perdant à #11 Auburn (17-27) et en gagnant péniblement ses confrontations à #13 Tennessse (21-20), Georgia (21-14), Vanderbilt (25-19) et Florida State (21-14) et surtout à domicile contre South Carolina (17-16), les Gators ont aussi montrés qu’ils n’étaient pas si dominants que cela. Certes, même courte, une victoire est une victoire. Et celles remportées face à #9 LSU (23-10) et #8 Arkansas ne souffrent guère de contestation. Pourtant, il est frappant de constater l’écart de niveau entre la saison régulière, durant laquelle les Gators se sont parfois montrés poussifs, et le Championship Game au cours duquel Florida a été intouchable. Alors au final, quel est le niveau réel de cette équipe ? La réponse se situe sans doute à mi-chemin entre Auburn et Glendale (c’est-à-dire vers Abilene, TX). Plaisanterie mise à part, Florida a sans doute joué le match du titre au maximum de ses possibilités alors qu’Ohio State n’y a été que l’ombre de lui-même. Et il est raisonnable de penser que les Gators n’ont pas évolué à leur meilleur niveau durant la saison régulière. Sur le match du titre, ils ont en outre profité de conditions a priori favorables dans leur confrontation avec les Buckeyes, le match de Glendale se déroulant après sept semaines d’interruption pour Ohio State (contre cinq à Florida) et dans une atmosphère arizonienne bien plus proche de la douceur floridienne que des rudes hivers du Midwest. N’excusons pas Ohio State pour sa piètre performance de Glendale, mais à ce stade de la compétition, et pour des joueurs qui ne sont pas professionnels, ces petits détails ont leur importance. Si Florida a réalisé une excellente saison au plan comptable (et pour son palmarès), il n’en reste pas moins que des équipes comme USC (malgré ses défaites à Oregon et UCLA) ou Ohio State (malgré Glendale) peuvent largement lui contester le titre de meilleure équipe du pays. D’aucuns argumenteront que Boise State devrait être ajouté au mix. Pour couper court à cette polémique, il n’y a absolument aucune chance que les Broncos soient sortis invaincus d’un calendrier comme celui d’Ohio State ou de Florida, en jouant semaine après semaine des matches aussi durs et intenses que leur Fiesta Bowl. Reste l’éternelle discussion sur la mise en place d’un système de play-offs. Les avis divergent sur la question. Plutôt que de s’acharner à convaincre les uns ou les autres, il faut bien admettre qu’aucun système ne peut garantir que le vainqueur final est bien la meilleure équipe sur l’ensemble de la saison. La spécificité du College Football est de classer ensemble des équipes qui ne s’affrontent pas. Ou qui se battent les unes les autres (Tennessee bat Cal, qui bat UCLA, qui bat USC, qui bat Michigan, qui bat Penn State, qui bat Tennessee). Alors autant clore le débat et applaudir les Gators pour cette belle saison 2006. Charge à eux de montrer en 2007 que ce titre n’était pas qu’un heureux accident…

Tennessee (#25 AP / #23 USA Today)
Tennessee n’avait d’autre alternative en 2006 que de se racheter de sa médiocre saison 2005, achevée sur un bilan négatif (5-6) et vierge de post-saison. L’éclatante victoire sur #9 California (35-18) lors de la première semaine allait permettre de lancer la saison sous les meilleurs auspices. Les Volunteers n’ont toutefois pas été en mesure de contester à Florida la suprématie de la SEC East. Leurs défaites à #7 Florida justement (20-21) ou encore contre #13 LSU (24-28) et à #11 Arkansas (14-31) les ont trop lourdement pénalisé dans la course au titre, et ce malgré une probante victoire à #10 Georgia (51-33). Les hommes de Philip Fulmer terminent à une honorable deuxième place avec neuf victoires au compteur, ce qui est plus conforme à leur statut. Dans une année de rédemption somme toute rondement menée, la seule petite déception sera venue de la défaite à l’Outback Bowl face à Penn State (10-20). Dix victoires en 2006 auraient définitivement renvoyé 2005 aux oubliettes. Ce sera l’objectif en 2007, avec un BCS bowl en point de mire.

Georgia (#23 AP / NR USA Today)
Champion sortant de la SEC East, Georgia a quelque peu déçu en ne terminant qu’au troisième rang cette année. L’improbable défaite contre Vanderbilt (22-24 sur un FG à 2 secondes du terme) a fait grincé des dents du coté d’Athens, qui plus est une semaine après la dérouillée subie face à #13 Tennessee. Celle à Kentucky (20-24) n’a guère été plus appréciée par les fans des Bulldogs. Et comme Georgia n’a pas réussi à s’imposer à #7 Florida, les chances de titre se sont évanouies malgré deux belles victoires à #5 Auburn (37-15) et contre le rival #16 Georgia Tech (15-13) en clôture de la saison. Impérial hors de la SEC (cinq victoires en autant de matchs), Georgia conclut 2006 avec un bilan de neuf victoires pour quatre défaites. Honorable mais finalement décevant en regard des attentes de début de saison. En 2007, Florida jouera chez les Dawgs dans un match qui pourrait bien déterminer le champion de la SEC East.

Reste de la meute
Kentucky opère une belle progression au classement de la SEC East en 2006, gagnant deux matches de plus qu’en 2005 (3-8, 2-6) et se qualifiant pour un bowl. La bonne performance est venu en semaine 10 avec la victoire contre Georgia. Les Wildcats n’ont pas existé à #13 Lousiville (28-59), #5 Florida (7-26) et #14 LSU (0-49). La courte défaite à #19 Tennessee (12-17) annonçait déjà la bonne performance au Music City Bowl contre Clemson (28-20).

South Carolina suit le chemin inverse avec deux défaites de plus qu’en 2005 (7-5, 5-3). D’où une grosse déception pour les hommes de Steve Spurrier. L’ancien QB de Florida (Heisman 1966), qui coacha ensuite les Gators de 1990 à 2001 (6 titres de champion de la SEC) et qui a repris du service en College Football à South Carolina après un intermède aux Washington Redskins, attendait sans doute mieux de sa deuxième année à la tête des Gamecoks. Après avoir mal entamé le championnat SEC avec une défaite à #12 Georgia (0-18), South Carolina a échoué d’un cheveu à #2 Auburn (17-24), #8 Tennessee (24-31) et #12 Arkansas (20-26). Que dire de la défaite à #6 Florida (16-17) dans un match pourtant dominé par les Gamecoks et que les Gators remportent à la faveur d’un FG bloqué à l’expiration du chronomètre. La défaite à #24 Clemson (28-31) a achevé une saison régulière qui a vu South Carolina perdre ses cinq confrontations face à des équipes du Top 25. Il ne sera guère possible de faire moins bien en 2007. D’autant qu’il est plutôt dans l’habitude de Steve Spurrier de flirter avec les saisons à dix victoires.

Vanderbilt sauve sa saison par sa belle victoire à #16 Georgia. Pour le reste, que des défaites en SEC. Et une occasion ratée de créer la sensation face à #7 Florida. Les Commodores ne sont pourtant pas passés loin de finir avec un bilan équilibré : trois points à Alabama (défaite 10-13) plus deux points à Arkansas (19-21). Mais l’inexorable semble se poursuivre du coté de Nashville et le dernier match de post-saison de Vandy date de 1982, soit 24 ans de disette.

---------------------------------- SEC West ----------------------------------

Arkansas (#15 AP / #16 USA Today)
2006 a marqué le retour d’Arkansas aux avant-postes de la SEC. Après une saison 2005 décevante (4-7, 2-6), les Razorbacks ont sérieusement inversé la tendance en s’imposant dans la SEC West et en compilant dix victoires au total. Il est amusant de constater qu’en vertu du douzième match ajouté aux calendriers des équipes de toutes les conférences affiliées à la BCS (et qui permet notamment enfin aux équipes de la Pac-10 de toutes se rencontrer), Arkansas aura joué en 2006 trois matches de plus qu’en 2005 (en comptant le Championship Game de la SEC et le Capital One Bowl). Après une entame difficile et une lourde défaite face à #6 USC (14-50), les Hogs ont enchaîné dix victoires de rang (notamment à #2 Auburn 27-10 et contre #13 Tennessee 31-14). La suite fut moins glorieuse, avec trois défaites à la suite : contre #9 LSU (26-31), puis pour la première fois en SEC lors du Championship Game face à #4 Florida et enfin au Capital One Bowl face à #7 Wisconsin (14-17). Le bilan n’en reste pas moins très bon. Et 2007 est attendu avec impatience à Fayetteville. Avec tous ses atouts offensifs majeurs de retour (dont l’excitante et extraordinaire paire de RB Darren McFadden - Felix Jones !), les Razorbacks devraient être sacrément tranchants.

Auburn (#9 AP / #8 USA Today)
Paradoxalement, Auburn a réalisé une meilleure saison que l’année passée (9-3, 7-1), tout en abandonnant la première place de la SEC West (partagée en 2005 avec LSU) à Arkansas. Reçu cinq sur cinq dans leurs matches hors conférence, les Tigers ont également bien négocié leurs matches phares de l’année, à défaut d’y être brillants : trois victoires sur #6 LSU (7-3), #2 Florida (27-17) et l’archi-rival Alabama (22-15). De quoi nourrir quelques regrets avec les défaites à domicile face à Arkansas et Georgia. Preuve qu’Auburn, auteur d’une saison à onze victoires dont beaucoup d’équipes rêveraient, n’avait pas tout à fait la carrure d’un champion national. Quel visage montrera Auburn en 2007 ? Le titre ne semble pas hors de portée mais remplacer les cadres partis sous les spots de la NFL ne sera pas chose si aisée.

LSU (#3 AP / #3 USA Today)
Bien que derrière Arkansas et Auburn dans le classement général de la SEC, LSU a séduit les journalistes, coaches et ordinateurs de la BCS qui lui ont accordé un spot au Sugar Bowl. Les défaites à #3 Auburn et #5 Florida n’ont donc pas desservi les Tigers, qui ont pourtant frôlé la correction contre Ole Miss (23-20 OT). Mais les solides autres prestations ainsi que le succès en dernière semaine à #5 Arkansas ont suffi à garantir un BCS bowl à Louisiana State. LSU a également profité d’un classement initial élevé (#8) pour toujours rester en embuscade et profiter des défaillances des ses concurrents directs pour prendre la place réservée à la SEC au Sugar Bowl (Florida étant de National Championship Game à Glendale). Au vu de l’éclatante victoire sur Notre Dame (41-14) lors de ce bowl, on peut estimer que la place de LSU n’y était néanmoins pas usurpée. Avec une seconde saison consécutive bouclée à onze succès, on pourrait s’attendre à ce que les Tigers montent encore un peu plus haut l’an prochain. Il faudra pour cela que le nouveau QB soit à la hauteur du sortant.

Reste de la meute
Alabama est la grosse déception de la SEC, avec six défaites dans la conférence. Pire que ce bilan catastrophique, ‘Bama a perdu son cinquième Iron Bowl consécutif. De quoi sérieusement mécontenter les fans du coté de Tuscaloosa. Une défaite contre #15 Auburn qui s’ajoute à celles à #5 Florida (13-28), #7 Tennessee (13-16) ou #12 LSU (14-28) ainsi qu’à l’inacceptable revers à domicile contre Mississippi State (16-24). Et après une saison 2005 pleine d’espoirs (10-2), Alabama retombe dans une médiocrité qui ne lui est pas coutumière. Le bilan de Mike Schula en quatre ans à la tête des Crimson Tide frôle le négatif (26 v. et 23 d.). Tout simplement indigne de l’un des programmes les plus titrés du pays. Démit de ses fonctions fin novembre, Mike Schula assiste en téléspectateur à la 53ème participation d’Alabama à un match de post-saison (record NCAA). La défaite à l’Independance Bowl (31-34 contre Oklahoma State) laisse le compteur de victoires bloqué à 30 (autre record NCAA). Pour remédier à la crise que traversent les Crimson Tide, c’est Nick Saban, l’ancien coach des Miami Dolphins, qui a été appelé à la rescousse. Avec, on s’en doute, une énorme pression sur les épaules...

Pas de progrès dans le Mississippi, où Ole Miss achève une saison 2006 bien terne, après une année 2005 qui ne l’était pas moins. A un cheveu de s’imposer sur #9 LSU, les Rebels ont finalement laissé échapper la victoire en prolongations. Un calendrier hors conférence relevé, ponctué notamment de deux défaites à Missouri (7-34) et contre Wake Forest (3-27), et une quasi inexistence face aux cadors de la SEC – les deux seules victoires de Mississippi en SEC venant contre les deux derniers Vanderbilt (17-10) et Mississippi State (20-17) – ont privé Ole Miss de match de post-saison. Les Rebels n’y sont plus allés depuis trois ans.

Après deux sévères défaites pour entamer la saison (0-15 contre South Carolina et 0-34 face à #4 Auburn), Mississippi State a connu sa toute relative heure de gloire en s’imposant à Alabama, sa seule et unique victoire dans la conférence SEC. Et comme en 2005, les Bulldogs terminent à la dernière place de la SEC West. Et comme en 2005, ils ne gagnent que trois matches. Bien insuffisant pour espérer accrocher un bowl.

Top performers

Andre Woodson (QB, Kentucky) : 264/419, 3515 yds, 31 TD, 7 INT (13 matches)
JaMarcus Russel (QB, LSU) : 232/342, 3129 yds, 28 TD, 8 INT (13 matches)
Erik Ainge (QB, Tennessee) : 233/348, 2989 yds, 19 TD, 9 INT (12 matches)
Chris Leak (QB, Florida) : 232/365, 2942 yds, 23 TD, 13 INT (14 matches)
John Parker Wilson (QB, Alabama) : 216/379, 2707 yds, 17 TD, 10 INT (13 matches)
Darren Mc Fadden (RB, Arkansas) : 284 rush, 1647 yds, 14 TD (14 matches)
Robert Meachem (WR, Tennessee) : 71 rec, 1298 yds, 11 TD (13 matches)
Earl Bennett (WR, Vanderbilt) : 82 rec, 1146 yds, 6 TD (12 matches)
Sidney Rice (WR, South Carolina) : 72 rec, 1090 yds, 10 TD (13 matches)
D.J. Hall (WR, Alabama) : 62 rec, 1056 yds, 5 TD (12 matches)
Keenan Burton (WR, Kentucky) : 77 rec, 1036 yds, 12 TD (13 matches)

PAC - 10

USC (#4 AP / #4 USA Today)
L’excellence étant de mise à USC plus que partout ailleurs dans le College Football, une saison ponctuée de deux défaites sonne comme une saison ratée du coté de Los Angeles. Et ce malgré le titre de champion de la Pac-10 et la belle victoire au Rose Bowl contre #8 Michigan (32-18). Depuis trois ans, les Trojans s’étaient habitués à jouer pour le titre national, ne concédant que deux défaites dans ce laps de temps. Soit autant que cette saison. Ne pas être du voyage de Glendale le 8 janvier relève donc du semi échec pour le vice champion sortant. Néanmoins, l’équipe ressuscitée par Pete Carrol en 2001 reste une valeur sûre, glanant son cinquième titre de conférence consécutif. Titre assuré essentiellement grâce à sa victoire sur #17 California (23-9), son concurrent principal dans la conquête de la Pac-10.
La démonstration contre #6 Notre Dame (44-24), la cinquième d’affilée, restera également un temps fort de la saison. Les espoirs de titre pour les Trojans se sont envolés au soir de la défaite chez le rival UCLA (9-13), dans un match où USC a paru bien emprunté. De quoi redonner plus de poids à l’étonnant revers concédé à Oregon State (31-33), lequel n’hypothéquait pas encore les chances des Californiens, eurent-ils gagné tous leurs autres matches par la suite. Reste qu’avec un bilan de onze victoires donc quatre très probantes hors conférence contre des gros calibres (à Arkansas 50-14 et contre #19 Nebraska 28-10, #6 Notre Dame et #8 Michigan), Southern Cal a réalisé une très bonne saison, couronnée par un 22ème succès au Rose Bowl. Fort d’une tradition bien ancrée dans les travées du Los Angeles Coliseum et d’un palmarès les plus étoffés du College Football, USC repartira en 2007 à la conquête de rien de moins qu’un nouveau titre national. Ce serait alors son 12ème…

California (#14 AP / #14 USA Today)
Cette saison plus que tout autre, les Golden Bears espéraient accrocher à leur palmarès un titre de champion de conférence qui leur échappe depuis 1975. Une participation à un BCS bowl ne semblait également pas hors de portée, si par malheur Cal avait échoué dans la conquête du titre (qui qualifie directement pour le Rose Bowl). Cette seconde option a été enterrée dès le premier match et la défaite à #23 Tennessee (18-35). Enchaînant ensuite huit succès consécutifs, dont ceux de belle manière sur #22 Arizona State (49-21) et #11 Oregon (45-24), Cal a connu un nouveau coup d’arrêt à Arizona (20-24). Incapables ensuite de tenir tête à #4 USC, les Bears terminent finalement à la première place ex-aequo de la Pac-10, mais laissent les Trojans accéder au Rose Bowl. Consolation tout de même, l’écrasante victoire au Holiday Bowl sur Texas A&M (45-10) offre à Cal un dixième succès en 2006. De quoi donner de l’espoir aux joueurs de Berkeley pour faire mieux en 2007.

Oregon State (#21 AP / #22 USA Today)
Pas loin d’être catastrophique en 2005 (5-6, 3-5), Oregon State a bouclé une très bonne saison 2006 avec dix succès pour quatre revers. Le point culminant de cette saison est bien évidemment la victoire sur #3 USC, un mois après avoir été corrigé à domicile par California (13-41). Les trois derniers matches contre Oregon (30-28), à #24 Hawaii (35-32) et contre Missouri au sublime Sun Bowl (39-38) penchent de justesse du bon coté pour les Beavers. Quelques points qui font au final la différence entre une saison moyenne et un bilan victorieux à deux chiffres. Oregon State sera-t-il capable de rééditer la performance en 2007 ? Avec des déplacements à Cal et USC, rien n’est moins sûr…

Reste de la meute
S’il n’y avait pas eu cette grosse performance contre #2 USC, la saison de UCLA aurait clairement eu un goût plus qu’insipide. Le calendrier relativement aisé du début de saison a permis aux Bruins d’engranger les victoires, mais dès que l’adversité s’est faite plus conséquente les pensionnaires de Pasadena n’ont plus répondu présents, que ce soit à #18 Oregon (20-30), à #10 Notre Dame (17-20) ou à #10 California (24-38). Jusqu’au brillant succès contre Southern Cal, malheureusement non confirmé à l’Emerald Bowl contre Florida State (27-44).

On attendait mieux d’Oregon cette année, après sa bonne saison 2005 (10-2, 7-1). Mais les Ducks ont déçus, malgré un bon départ de quatre victoires dont celle très controversée sur #15 Oklahoma (34-33). Encore en course dans la Pac-10 malgré une défaite à #16 California et un revers peu glorieux à Washington State (23-34), Oregon s’est effondré dans ses trois derniers matches de la conférence. L’occasion de se racheter en bowl ne sera pas mise à profit, les Ducks s’inclinant lourdement contre #16 BYU (8-38) au Las Vegas Bowl.

Saison en demi-teinte pour Arizona State, en stagnation par rapport à 2005 (7-5, 4-4). Si les Sun Devils n’ont pas pu accrocher une équipe du Top 25 (défaites à #21 California 21-49, contre #14 Oregon 13-48 et à #3 USC 21-28), ils s’imposent contre les quatre équipes de queue de la conférence, une performance qui leur ouvre ainsi les portes de la post-saison, pour leur première apparition depuis 1998.

Du coté de Tucson, l’Arizona de 2006 est en progrès par rapport à son homologue de 2005 (3-8, 2-6). Avec notamment une belle victoire contre #8 California, une semaine après un joli succès à #25 Washigton State. Insuffisant toutefois pour accrocher un bowl. Les défaites à #8 LSU (3-45) et face à #3 USC (3-20) montre l’écart qui subsiste entre les Wildcats et l’élite nationale.

Washington State est en pleine reconstruction. Après avoir remporté la conférence en 2002 (ex-aequo avec USC), Washington State est depuis trois ans privé de bowl et était tombé bien bas en 2005 (4-7, 1-7). Autant dire que les quatre victoires en conférence cette année sont un bol d’oxygène pour les Cougars, même s’il n’y a qu’une seule victoire notable (contre #16 Oregon) et que #10 California (3-21) ou #3 USC (22-28) semblent encore hors de portée.

Grâce à de bonnes performances hors conférence et quelques bons coups dans la Pac-10, Washington améliore largement son bilan global 2005 (2-9, 1-7). Bien entendu, le Top 25 relève toujours d’une autre dimension pour les Huskies (#15 Oklahoma 20-37, #3 USC 20-26, #11 California 24-31, #24 Oregon 14-34) mais tous ces matches ont été joués loin de Seattle. Si bien que le bilan de Washington pourrait rester encourageant si les Huskies n’avaient pas cédé à domicile contre Stanford (3-20). Il faudra gagner deux matches de plus en 2007 pour rejoindre une post-saison qui se refuse à Washington depuis 2002.

La lanterne rouge de la Pac-10 est Stanford. En effondrement par rapport à la saison 2005 (5-6, 4-4) le Cardinal n’a pas existé pendant les trois quarts de la saison avec neuf matches perdus en marquant dix points ou moins. Seul le succès à Washington permet à Stanford d’éviter la correctionnelle. Dans ces conditions, la visite à l’ennemi juré de Berkeley (#21 California) ne pouvait résulter qu’en une défaite (17-21). La deuxième saison de Walt Harris à Stanford se solde donc par un couac. Dans le temple de l’excellence académique, la médiocrité du Cardinal fait tache. A effacer le plus rapidement possible…

Top performers

John David Booty (QB, USC) : 269/436, 3347 yds, 29 TD, 9 INT (13 matches)
Matt Moore (QB, Oregon State) : 229/378, 3022 yds, 18 TD, 7 INT (14 matches)
Nathan Longshore (QB, California) : 227/377, 3021 yds, 24 TD, 13 INT (13 matches)
Alex Brink (QB, Washington State) : 241/396, 2899 yds, 19 TD, 10 INT (12 matches)
Rudy Carpenter (QB, Arizona State) : 184/322, 2523 yds, 23 TD, 14 INT (13 matches)
Marshawn Lynch (RB, California) : 223 rush, 1356 yds, 11 TD (13 matches)
Yvenson Bernard (RB, Oregon State) : 296 rush, 1307 yds, 12 TD (13 matches)
Sammie Stroughter (WR, Oregon State) : 74 rec, 1293 yds, 5 TD (14 matches)
Steve Smith (WR, USC) : 71 rec, 1083 yds, 9 TD (13 matches)
DeSean Jackson (WR, California) : 59 rec, 1060 yds, 9 TD (13 matches)
Dwayne Jarrett (WR, USC) : 70 rec, 1015 yds, 12 TD (12 matches)

ACC

ACC Championship Game
Wake Forest 9 – Georgia Tech 6

---------------------------------- Atlantic Division ----------------------------------

Wake Forest (#18 AP / #17 USA Today)
En s’imposant dans la conférence ACC aux dépends de #23 Georgia Tech, Wake Forest a remporté un titre qu’il n’avait plus détenu depuis 1970. Il est devenu par là même la plus petite université (moins de cinq mille étudiants) à se qualifier pour un BCS bowl. La défaite à l’Orange Bowl face à #6 Louisville (13-24) n’a en rien gâché la superbe saison des Demon Deacons après une année 2005 plus que moyenne (4-7, 3-5). Après un début de saison relativement aisée contre des seconds couteaux (cinq victoires en cinq matches), le premier coup d’arrêt est venu contre #15 Clemson (17-27). Wake Forest a bien réagi, remportant ses quatre rencontres suivantes (notamment sur #16 Boston College 21-14 et à Florida State 30-0) avant de rechuter, cette fois lourdement face à #19 Virginia Tech (6-27). Malgré cela, la victoire finale à Maryland (38-24) a ouvert la porte de l’ACC Championship Game aux Demon Deacons. Wake Forest a parfaitement profité de l’effondrement de Florida State, le champion sortant, et de défaillances de la part des autres favoris à la succession des Seminoles (Clemson et Boston College) pour terminer en tête de l’Atlantic Division. La victoire serrée sur #23 Georgia Tech, dans un match sans aucun touchdown a confirmé la solidité, notamment défensive, des Deacons. Alors qu’en 2006, personne ne voyait Wake Forest à ce niveau, les protégés de Jim Grobe seront attendus au tournant en 2007. Conserver le titre de l’ACC ne sera pas une simple formalité, bien loin de là.

Boston College (#20 AP / #20 USA Today)
Pour sa deuxième saison en conférence ACC, Boston College a rendu une copie identique à l’an passé (9-3, 5-3). La surprenante défaite à North Carolina State (15-17) empêche les Eagles de gravir un petit échelon, alors qu’ils avaient parfaitement négocié leurs autres sept premiers matches, battant notamment #18 Clemson (34-33 OT), #22 Virginia Tech (22-3) et en s’imposant de belle manière à Florida State (24-19). La tête de l’Atlantic Division semblait à portée jusqu'aux confrontations perdues à Wake Forest et surtout à Miami (14-17). BC termine sa bonne saison avec un total de dix victoires. Nul doute que Tom O’Brien voudra améliorer le bilan en 2007.

Reste de la meute
Maryland a réalisé en 2006 une excellente progression par rapport à 2005 (5-6, 3-5). Les points culminants de cette saison ont sans aucun doute été les victoires sur Miami (14-13), Florida State (27-24) et surtout à #19 Clemson (13-12). Les quatre défaites des Terrapins sont survenues face à des équipes du Top 25 (à #5 West Virginia 24-45, à #18 Georgia Tech 23-27, à #20 Boston College 16-38 et contre #20 Wake Forest 24-38). Avec une belle victoire au Champs Sports Bowl sur Purdue (24-7), Maryland a enfin renoué avec les sommets des années 2001-2003 durant lesquelles les Terrapins avaient accumulés 31 victoires et un titre de l’ACC.

Clemson a déçu en 2006. Attendus aux avant-postes de l’ACC, les Tigers n’ont pas tenu le rythme. Une courte défaite dès la deuxième semaine à Boston College suivie d’une victoire à #9 Florida State (27-20) ont permis d’espérer. Les succès à Wake Forest et surtout contre #13 Georgia Tech (31-7) ont donné à cet espoir un avant-goût de titre. Mais en perdant quatre de ses cinq derniers matches, Clemson a torpillé sa saison. Une belle occasion ratée de s’imposer dans la conférence ACC et se qualifier pour un BCS bowl.

Florida State, ou comment un des programmes les plus brillants de l’histoire du College Football et dirigé par le coach le plus victorieux de la Division I-A (366 victoires) tombe peu à peu en déliquescence. Vainqueur de l’ACC en 2005 malgré cinq défaites (8-5, 5-3), FSU a perdu cette année son titre et rendu un bilan tout juste positif. La victoire à #12 Miami (13-10) en ouverture de la saison n’a été qu’un feu de paille. Les principales batailles de l’ACC ont été perdues par les Seminoles : contre Clemson, #22 Boston College, #18 Wake Forest et à Maryland. La défaite contre #4 Florida (14-21) en est presque anecdotique. Il a fallu une nette victoire sur UCLA (44-27) à l’Emerald Bowl pour rappeler à tous que l’équipe de Bobby Bowden reste une valeur forte du College Football.

Après une relative bonne saison 2005 (7-5, 3-5), on craignait que North Carolina State ne s’effondre sous le poids de la perte de ses meilleurs éléments. Crainte justifiée par le bilan de 2006, marqué notamment par de médiocres prestations hors conférence. Capables de battre #20 Boston College et #17 Florida State (24-20), le Wolfpack a perdu toutes ses autres confrontations dans l’ACC, la défaite la plus courte venant contre… Wake Forest (23-25). NC State jouerait-il donc d’autant mieux que l’adversité est forte ? Si les cadors de l’ACC abordent en 2007 leurs confrontations contre North Carolina State avec un peu plus de sérieux, la saison pourrait se transformer en un long chemin de croix pour le Wolfpack.

---------------------------------- Coastal Division ----------------------------------

Georgia Tech (NR AP / NR USA Today)
Le vice champion de l’ACC et vainqueur de la Coastal Division ne figure pas dans le Top 25. La faute à cinq défaites dont trois hors conférence. Avec une unique défaite dans l’ACC (à #12Clemson), les Yellow Jackets se sont imposés tranquillement dans leur division, notamment en gagnant à #11 Virginia Tech (38-27), écartant ainsi leur concurrent principal. Mais la défaite à l’ACC Championship Game contre #16 Wake Forest et au Gator Bowl contre #10 West Virginia (35-38) a tempéré cette apparente promenade de santé. L’an prochain, pour espérer faire aussi bien, voire mieux, il faudra également compter avec le retour de Miami.

Virginia Tech (#19 AP / #18 USA Today)
Virginia Tech n’a pas réussi à conserver son titre de la Coastal Division, faute à sa défaite à domicile contre #23 Georgia Tech et malgré de beaux succès sur #10 Clemson (24-7) et à #14 Wake Forest. Quatre victoires hors conférence ont néanmoins permis aux Hokies de signer un bilan positif à deux chiffres, à une unité de leur marque de 2005. En 2007, l’objectif de Frank Beamer et de Virginia Tech sera de repartir à la conquête d’un titre de l’ACC, abandonné en 2004.

Reste de la meute
Même s’il finit au milieu du classement de la Coastal Division, Virginia n’en reste pas moins l’un des pires programmes de l’ACC. Ses quatre victoires dans la conférence ont été obtenues contre les quatre derniers et son bilan hors conférence est particulièrement médiocre. Le point culminant de la saison des Cavaliers aura été la victoire sur Miami (17-7), même si les Hurricanes n’ont été en 2006 que l’ombre d’eux-mêmes. La sévère défaite chez un Florida State pourtant convalescent (0-33) montre qu’il reste un long chemin à parcourir pour atteindre les sommets de l’ACC.

A Miami, une saison à dix victoires sans titre de l’ACC est une saison ratée. Alors que dire d’une saison à six défaites, dont cinq en conférence ? Rien, si ce n’est qu’elle a coûté son poste à Larry Coker, après treize années passées à la tête des Hurricanes. Evidemment, si Miami se concocte tous les ans un calendrier chargé c’est pour la quasi assurance qu’il procure d’une voie royale vers le match du titre national en cas de comportement sans fausse note. Pas étonnant donc de retrouver six équipes classées sur le parcours des Canes. Plus étonnant en revanche de voir Miami chuter sur cinq de ces obstacles : contre #11 Florida State, à #12 Louisville (7-31), à #21 Georgia Tech (23-30), contre #17 Virginia Tech (10-17), à #23 Maryland. Seules les courtes victoires sur #18 Boston College et contre Nevada (21-20) au MPC Computers Bowl sont à mettre au crédit de Miami. Plus que très insuffisant pour les exigeants fans de Floride du Sud.

L’équipe de football de North Carolina n’a certainement pas la réputation de son homologue du basket-ball. Et ne semble pas prête de l’acquérir tant ses performances semblent ne pas vouloir décoller. Après une année 2005 moyenne (5-6, 4-4), les Tar Heels sont retombés au fin fond du classement de l’ACC. Et le dur calendrier hors conférence (défaites contre Rutgers 16-21 ou à #11 Notre Dame 26-45) ne les a pas aidés à obtenir un bilan honorable. Si l’on songe que deux des trois victoires de North Carolina ont été obtenues par trois points (45-42 contre Furman, une équipe de DI-AA) et un point (45-44 contre Duke), autant dire que l’on frôle allégrement le pire. En 2007, l’objectif sera de ne pas l’atteindre et de ne pas disputer au grand rival Duke la lanterne rouge de la division.

Quatre victoires en 2003, deux en 2004, une en 2005, zéro en 2006. Dire que Duke est l’un des plus mauvais programmes de la Division I-A n’est pas exagéré. S’il est impossible de ressortir un point culminant de la saison des Blue Devils, il est en revanche aisé d’en trouver le point abyssal : la défaite contre Richmond (0-13) en ouverture de la saison à Durham. Jamais entendu parler de Richmond ? Rien d’étonnant, c’est une petite équipe de Division I-AA… Désolant pensez-vous ? Pathétique plutôt. Dans ces conditions, on ne sait trop que souhaiter à Duke pour 2007. Ne pas se ridiculiser une fois de plus face à un adversaire de division inférieure serait un bon début. En attendant, les fans de Durham attendent avec impatience la March Madness…

Top performers

Matt Ryan (QB, Boston College) : 263/427, 2942 yds, 15 TD, 10 INT (12 matches)
Tashard Choice (RB, Georgia Tech) : 297 rush, 1473 yds, 12 TD (14 matches)
Calvin Johnson (WR, Georgia Tech) : 76 rec, 1202 yds, 15 TD (14 matches)

BIG XII

Big XII Championship Game
Oklahoma 21 – Nebraska 7

---------------------------------- North Division ----------------------------------

Nebraska (#NR AP / #NR USA Today)
Tout comme Georgia Tech dans la conférence ACC, le vice champion de la Big XII n’a pas convaincu les panels d’experts journalistes ou coaches. Et tout comme pour Georgia Tech, cette absence des rankings est imputable à cinq défaites. Quatre de ces cinq défaites sont survenues contre des équipes du Top 10 : à #4 USC (10-28), contre #5 Texas (20-22) et face à #8 Oklahoma au Championship Game et à #9 Auburn au Cotton Bowl (14-17). La cinquième est l’œuvre d’Oklahoma State au bénéfice d’un énorme dernier quart temps (29-41) Traversant presque sans encombre le reste de son calendrier (hormis une petite frayeur à #24 Texas A&M 28-27), les Huskers ont finalement atteint leur objectif de la saison en remportant la North Division, compte tenu que le calendrier n’était pas vraiment une promenade de santé. Si Nebraska peine à retrouver le niveau qui en a fait un triple champion national à la fin des années 1990, le renouveau semble arrivé. Pour sa quatrième année à Nebraska, Bill Callahan aura pour objectif de reconquérir le titre de la Big XII.

Reste de la meute
Missouri a pris la seconde place de la North Division, avec une saison semblable à celle de 2005. Les Tigers ont battu les équipes qu’elles devaient battre (hormis à Iowa State 16-21) et perdu contre plus forts qu’eux, y compris face à #21 Oregon State au Sun Bowl (38-39). Une saison sans éclat, sans larmes et sans joie.

Avec deux victoires de mieux qu’en 2005, Kansas State a abandonné la dernière place de la North Division pour une honorable troisième position. La belle victoire contre #4 Texas (45-42) restera le point fort de 2006. La défaite à Baylor (3-17) est, quant à elle, moins glorieuse que celles à #8 Louisville (6-24), #24 Missouri (21-41) ou contre #21 Nebraska (3-21). Les Wildcats n’ont de même rien pu faire contre #12 Rutgers au Texas Bowl (10-37). Il s’agira en 2007 de ne pas retomber au fin fond du classement.

Kansas stagne en 2006 dans la North Division avec le même bilan qu’en 2005 (3-5). Une défaite supplémentaire hors conférence ramène le bilan global des Jayhawks tout juste à l’équilibre, malgré un calendrier relativement à leur portée (sans Oklahoma et Texas). On attendait Kansas un peu mieux cette année. La confirmation d’une montée en puissance annoncée se fera-t-elle sentir en 2007 ?

Colorado plonge à la faveur d’un calendrier pimenté. Avec cinq défaites contre des équipes du Top 25 qui s’ajoutent à cinq autres contre des adversaires plus à leur portée, les Buffaloes ont inévitablement perdu leur titre de la North Division acquis en 2005. La pente risque d’être dure à remonter.

En fond de classement, Iowa State s’effondre. Deuxième de la North Division en 2005, les Cyclones n’ont pas digéré leurs déplacements à #16 Iowa (17-27), #7 Texas (14-37) et #23 Oklahoma (9-34). Incapables de tenir la dragée haute aux cadors de la North Division, Iowa State s’est toutefois offert la tête de Missouri (21-16) pour son unique succès dans la conférence. Comme pour leurs voisins de Boulder, le retour au sommet de la Big XII ne sera pas une formalité.

---------------------------------- South Division ----------------------------------

Oklahoma (#11 AP / #11 USA Today)
Bien entendu, on risque de retenir essentiellement de 2006 qu’Oklahoma a chuté au Fiesta Bowl contre #5 Boise State (42-43 OT). Mais au-delà de cette défaite en BCS bowl contre une équipe hors conférence BCS, la saison des Sooners est aussi à retenir pour ses onze victoires et son titre de la Big XII. Défait lors de son premier match de poids à #18 Oregon (33-34) suite à une décision arbitrale qui fait encore parler d’elle et à un FG bloqué par la défense des Ducks sur le dernier jeu des Sooners, Oklahoma s’est incliné assez nettement trois semaines plus tard face à #7 Texas (10-28). Sept victoires de rang, notamment à #23 Missouri (26-10) et à #21 Texas A&M, ont ouvert la porte du Big XII Championship Game aux Sooners. Le succès sur #19 Nebraska les a ensuite envoyés au Fiesta Bowl avec l’issue que l’on connaît. De retour à un niveau digne de sa réputation, l’Oklahoma de Bob Stoops aura l’ambition en 2007 de ramener un dixième titre national à Norman.

Texas (#13 AP / #13 USA Today)
Le Champion a vécu. Et le Champion est tombé. Avec le départ de Vince Young pour la NFL, les Longhorns ont manqué d’armes pour défendre leur titre. Battus par #1 Ohio State (7-24) lors de la deuxième semaine, Texas a remporté huit matches d’affilée (dont ceux chez les poids lourds #14 Oklahoma et #17 Nebraska) avant de perdre incompréhensiblement à Kansas State et contre Texas A&M (7-12). Deux défaites qui coûtent le titre de Division aux hommes de Mack Brown. Un ton au-dessous de sa formidable année 2006 et abstraction faite des deux revers de fin de saison, Texas a néanmoins montré de solides arguments et prouvé qu’il faudra compter avec lui en 2007.

Reste de la meute
Texas A&M réalise la bonne opération de cette année 2006 en progressant d’un rang dans la hiérarchie de la South Division grâce à deux victoires supplémentaires par rapport à 2005 (5-6, 3-5). Certes, le calendrier hors conférence s’est avéré plus facile que l’an passé (quatre victoires en quatre matches). Mais la victoire des Aggies à #11 Texas ne doit, elle, rien à personne. En revanche, la correction reçue par #14 California (10-45) au Holiday Bowl est à ranger aux oubliettes.

Texas Tech a perdu quatre de ces cinq défaites contre des équipes du Top 25 (à #20 TCU 3-12, contre #23 Missouri 21-38, contre #5 Texas 31-35 et à #17 Oklahoma 24-34), la cinquième ayant été subi à Colorado (6-30). Voilà l’écart qu’il faut combler aux Red Raiders pour transformer un programme solide (11ème saison avec un bilan positif en onze ans d’existence de la Big XII) en un programme craint et respecté capable de lutter tous les ans pour le titre de conférence.

Avec une seule victoire en conférence en 2005 (4-7, 1-7), Oklahoma State avait terminé bon dernier de la Big XII. Avec trois victoires cette année, les Cowboys laissent la place du cancre à Iowa State. Ils s’offrent en outre le luxe de tomber le vainqueur de la North Division, #20 Nebraska. Les victoires hors conférence leur permettent même d’accrocher une place pour un bowl, en l’occurrence l’Independance Bowl, face à Alabama. Match qu’Oklahoma State remporte sur le fil (34-31) pour terminer en beauté une saison somme toute satisfaisante.

La queue de la North Division échoit cette année à Baylor. Evitée de peu en 2005 à la faveur d’une victoire sur Oklahoma State, les Bears y ont cette fois droit pour avoir perdu la confrontation contre le rival direct (24-66). Malheureusement pour Baylor, aucune bonne série de performances ne l’a empêché de compiler son 11ème bilan négatif consécutif. Et l’avenir immédiat ne présage rien de vraiment bien meilleur.

Top performers

Graham Harrell (QB, Texas Tech) : 412/617, 4555 yds, 38 TD, 11 INT (13 matches)
Chase Daniel (QB, Missouri) : 287/452, 3527 yds, 28 TD, 10 INT (13 matches)
Zac Taylor (QB, Nebraska) : 233/391, 3197 yds, 26 TD, 8 INT (14 matches)
Paul Thompson (QB, Oklahoma) : 204/336, 2667 yds, 22 TD, 11 INT (14 matches)
Shawn Bell (QB, Baylor) : 241/383, 2582 yds, 19 TD, 10 INT (9 matches)
Colt McCoy (QB, Texas) : 217/318, 2570 yds, 29 TD, 7 INT (13 matches)
Bret Meyer (QB, Iowa State) : 211/374, 2546 yds, 12 TD, 12 INT (12 matches)
Jon Cornish (RB, Kansas) : 250 rush, 1457 yds, 8 TD (12 matches)
Adrian Peterson (RB, Oklahoma) : 188 rush, 1012 yds, 12 TD (7 matches)
Joel Filani (WR, Texas Tech) : 91 rec, 1300 yds, 13 TD (13 matches)
Adarius Bowman (WR, Oklahoma State) : 60 rec, 1181 yds, 12 TD (13 matches)

BIG TEN

Ohio State (#2 AP / #2 USA Today)
Pour Ohio State la saison a réellement débuté le 18 novembre avec la confrontation du millénaire contre #2 Michigan. La rivalité entre les Buckeyes et les Wolverines est la plus grande de tout le sport américain (même devant le fameux Yankees–Red Sox), ce qui n’est pas rien. Et cette année était la première en 109 ans que les voisins du Midwest étaient classés numéros 1 et 2. Autant dire l’importance qu’a rapidement prise ce match dès le début de la saison. Le vainqueur devait logiquement s’envoler pour Glendale et aller y cueillir un titre national que personne ne devait être en mesure de disputer aux mammouths de la Big Ten. Ohio State, en sortant vainqueur (42-39), a bouclé sa saison régulière par un bilan parfait de 12-0, sans avoir jamais semblé être inquiété. La solide victoire chez le Champion sortant match parfaitement négocié contre #24 Penn State (plus accroché que ne le laisse penser le score final de 28-6), grâce notamment à deux TD sur interception dans les trois dernières minutes, ont placé les Buckeyes dans les meilleures dispositions avant le final contre Michigan. Tout au long de l’automne, Ohio State a impressionné. Seule la performance moyenne à Illinois (17-10) a introduit quelques doutes dans le débat. Mais les Buckeyes ont bien vite fait oublier cette petite faiblesse passagère en produisant une prestation bien maîtrisée contre les Wolverines. Favori à Glendale contre Florida, Ohio State s’est fait piéger par de surprenants Gators (14-41). Jouant un ton en dessous de leur niveau de saison régulière et incapables de faire tourner à plein régime leur armada offensive, les Buckeyes échouent dans la conquête du titre. Pour autant, ils ont réalisé une saison pleine et restent sans doute et malgré cette défaite du 8 janvier la formation la plus redoutable du College Football en 2006.

Wisconsin (#7 AP / #5 USA Today)
Avec douze victoires pour une seule défaite, Wisconsin réalise la meilleure saison de son histoire. Certes, le calendrier 2006 n’avait rien de terrifiant, les seules victoires vraiment probantes ayant été obtenues contre une équipe de Penn State incapable de trouver le rythme offensif (13-3) et chez le très décevant Iowa (24-21). Avec Ohio State hors du calendrier, la seule confrontation de poids s’est déroulée à #6 Michigan et les Wolverines y ont chuté (13-27). Si Ohio State et Michigan n’avaient pas également réalisé de très bonnes saisons, Wisconsin aurait sans aucun doute accédé à un BCS bowl. Ils ont dû se contenter du Capital One Bowl, remporté face à #15 Arkansas (17-14), confirmant ainsi leur excellente saison.

Michigan (#8 AP / #9 USA Today)
Sorti d’une saison 2005 pas vraiment fringante (7-5, 5-3), Michigan a surpris son monde en frappant fort dès son premier déplacement à #2 Notre Dame (47-21). Une leçon infligée aux Fighting Irish qui a prouvé que les Wolverines étaient plus que solides des deux cotés de la balle. Le succès sur Wisconsin et les victoires à Penn State (17-10) et contre Iowa (20-6) ont achevé de faire de Michigan un sérieux prétendant au titre national. Même la courte défaite à #1 Ohio State n’a pas suffi à faire taire les éloges, et le débat sur un possible re-match contre les Buckeyes à Glendale a entretenu les gazettes jusqu’à la publication du dernier classement BCS. Ecartés de la course finale au titre, les Wolverines se sont consolés avec 20ème participation au Rose Bowl. Comme lors de ses deux derniers voyages à Pasadena, Michigan s’est incliné, cette fois contre USC (18-32). Ce 12ème revers a montré que Michigan, malgré le haut niveau de jeu développé par les hommes de Lloyd Carr en 2006, n’était pas aussi dominateur qu’on l’imaginait. Compte tenu que les joueurs clés de l’escouade offensive (QB Chad Henne, RB Mike Hart, WR Mario Manningham) sont tous de retour en 2007, voilà une mouture des Wolverines qui sera difficilement arrêtable et qui devrait faire beaucoup de misères aux défenses adverses.

Penn State (#24 AP / #25 USA Today)
Avec des calendriers élaborés plusieurs années à l’avance, Penn State ne pouvait pas s’imaginer que, pour l’année qui devait confirmer son renouveau après une saison 2005 couronnée par l’Orange Bowl, ses confrontations les plus difficiles le seraient contre des équipes meilleures que jamais. Les quatre défaites des Nittany Lions l’ont été contre #4 Notre Dame (17-41), à #1 Ohio State (6-28), contre #4 Michigan (10-17) et à #17 Wisconsin (3-13). Pour le reste, avec une défense toujours aussi solide mais une attaque qui a eu du mal à trouver un régime de croisière, PSU a remporté ses autres rencontres sans jamais briller et parfois dans la douleur (Minnesota 28-27 OT, Michigan State 17-13). Une saison de transition pour l’équipe du célébrissime Joe Paterno qui s’est achevée par une belle victoire à l’Outback Bowl contre un ténor de la SEC, Tennessee (20-10). Une victoire acquise sur les Volunteers avec les armes traditionnelles et historiques des Lions : une défense à toute épreuve et un jeu au sol dévastateur.

Reste de la meute
Purdue a fini la saison 2006 là où on l’attendait : dans le ventre mou du classement de la Big Ten. Les victoires sont venues quand elles étaient prévues, les défaites aussi. Rien de déshonorant à s’incliner à #12 Notre Dame (21-35), à #19 Iowa (17-47), à #25 Hawaii (35-42) ou contre #21 Wisconsin (3-24), Penn State (0-12) et Maryland en post-saison (7-24). Les Boilermakers espéreront sans doute gravir une marche ou deux en 2007.

Minnesota est en légère régression par rapport à sa saison 2005 (7-5, 4-4). Mais gagne paradoxalement une place au classement de la conférence. Pour les Gophers aussi, les défaites sévères à #22 California (17-42), #25 Wisconsin (12-48) et #1 Ohio State (0-44) n’ont rien d’illogique. Il s’en est fallu d’un cheveu contre Penn State et d’une touffe à Purdue (21-27). Dommage que Minnesota n’ait pu accrocher une victoire à l’Insight Bowl contre Texas Tech (41-44) pour terminer sur un bilan positif.

Indiana a abandonné la dernière place de la Big Ten avec deux succès de plus dans la conférence par rapport à 2005 (4-7, 1-7), en s’imposant notamment de belle manière sur Michigan State (46-21) et à Minnesota (63-26) et en arrachant la victoire contre #15 Iowa (31-28). Insuffisant toutefois pour être invité en post-saison. Les Hoosiers ne pourront espérer guère mieux qu’une qualification à un bowl l’an prochain tant semble insurmontable l’écart avec le trio de tête de la conférence, comme en témoignent les claques reçues contre Wisconsin (17-52), #2 Michigan (3-34) et à #1 Ohio State (3-44).

La grosse déception de la Big Ten est venue d’Iowa. Outsiders en début de saison, les Hawkeyes n’ont pas tenu les espoirs placés en eux. Si la défaite à #1 Ohio State (17-38) n’a pas à les faire rougir, celle à Indiana est plus douteuse et n’a pas placé Iowa dans les meilleures conditions avant d’aller à #2 Michigan (défaite 6-20). Les revers lors des trois derniers matches de conférence ont plongé les Hawkeyes dans le bas du classement, l’essentiel ayant été préservé par la participation à un match de post-saison. Il y aurait pu avoir plus facile que d’y jouer #13 Texas à l’Alamo Bowl, les champions sortant s’imposant finalement (24-26). 2006 pouvait être l’année ou jamais pour Iowa. Il est à craindre que 2007 ne redonne pas une telle opportunité de s’imposer dans la Big Ten.

On attendait Northwestern à la baisse en 2006. Prévisions avérées : deux petites victoires dans la conférence (contre Iowa 21-7 et Illinois 27-16) et quelques fessées (à Penn State 9-33, contre Wisconsin 9-41, Purdue 10-31 et #1 Ohio State 10-54) pour un bilan peu glorieux et une saison qui s’achève mi-novembre à neuvième place de la Big Ten. Bien loin de la troisième obtenue en 2005…

John L. Smith y a laissé sa chemise. Michigan State a sombré à la dernière place de la Big Ten avec une seule petite victoire contre Northwestern (41-38) obtenue au bénéfice d’une remontée spectaculaire de 38 points. Pour le reste, un énorme gâchis contre #12 Notre Dame (défaite 37-40 après avoir mené 37-21), courtes défaites contre Purdue (15-17) et Penn State et plus larges revers contre les cadors #6 Michigan (13-31) et #1 Ohio State (7-38). Le nouveau coach Mark Dantonio, en provenance de Cincinnati, aura fort à faire en 2007 pour redresser le programme.

Ce n’est pas une surprise, la lanterne rouge de la Big Ten est l’équipe d’Illinois. Avec une seule victoire dans la conférence (à Michigan State 23-20), les Fighting Illini améliorent leur score de 2005 (2-9, 0-8) mais conservent leur dernier rang. Illinois n’a pourtant pas démérité contre les gros bras de la Big Ten, perdant de peu à #17 Wisconsin (24-30) et contre #1 Ohio State. La grosse correction enregistrée contre Rugers (0-33) et surtout l’incroyable défaite contre l’équipe de Division I-AA Eastern Illinois (17-42) font moins que peu sérieux sur le bilan global.

Top performers
Curtis Painter (QB, Purdue) : 315/530, 3985 yds, 22 TD, 19 INT (14 matches)
Bryan Cupito (QB, Minnesota) : 214/359, 2819 yds, 22 TD, 9 INT (13 matches)
Drew Tate (QB, Iowa) : 207/352, 2623 yds, 18 TD, 13 INT (11 matches)
Troy Smith (QB, Ohio State) : 203/311, 2542 yds, 30 TD, 6 INT (13 matches)
Chad Henne (QB, Michigan) : 203/328, 2508 yds, 22 TD, 8 INT (13 matches)
P.J. Hill (RB, Wisconsin) : 311 rushm 1569 yds, 15 TD (13 matches)
Mike Hart (RB, Michigan) : 318 rush, 1562 yds, 14 TD (13 matches)
Tony Hunt (RB, Penn State) : 277 rush, 1386 yds, 11 TD, (13 matches)
Amir Pinnix (QB, Minnesota) : 252 rush, 1272 yds, 10 TD, (13 matches)
Dorien Bryant (WR, Purdue) : 87 rec, 1068 yds, 6 TD (14 matches)

Equipes hors conférences BCS

Boise State (#5 AP / #6 USA Today)
1er Western Atlantic : 13-0, 8-0

La seule équipe invaincue en 2006 est issue d’une conférence mineure (ou plus exactement une mid-major). Boise State a réalisé une saison parfaite en battant tous les adversaires de son calendrier. Les victoires contre Hawaii (41-34), à San Jose State (23-20) et à Nevada (38-7) ont assuré aux Broncos le titre de la WAC. Hors conférence, les beaux succès sur Oregon State (42-14) et à Utah (36-3) ont largement contribué à envoyer Boise State au Fiesta Bowl. Tout a déjà été dit sur la victoire des Broncos sur Oklahoma (43-42 OT). En quelques coups d’éclat, Boise State a transformé une excellente saison, justement récompensée par une participation à un BCS bowl, en une année mémorable pour tout l’Idaho et le College Football.

Brigham Young (#16 AP / #15 USA Today)
1er Mountain West : 11-2, 8-0

En s’imposant à la fois à #17 TCU (31-17) et à Utah (33-31), ses deux adversaires les plus directs, Brigham Young a conquis le titre de champion de la MWC après cinq ans de privation. La défaite à Arizona (13-16) en entame de la saison a d’emblée hypothéqué les chances des Cougars d’atteindre un BCS bowl. Défaits à #23 Boston College (23-30) deux semaines plus tard, BYU a ensuite enchaîné neuf victoires d’affilée pour se qualifier pour le Las Vegas Bowl, remporté contre Oregon de belle manière (38-8). Le bilan 2006 est donc plus que satisfaisant.

Notre Dame (# 17AP / #19 USA Today)
Indépendants : 10-3

Si la quantité d’encre utilisée pour encenser Notre Dame avant la saison 2006 avait compté dans le classement BCS, les Fighting Irish auraient pu aller à Glendale sans même jouer. Preuve qu’il ne faut jamais rien jouer d’avance, les Irish ont finalement déçu, en étant largement dominés dans les trois confrontations chocs de leur calendrier. Si les victoires à Georgia Tech (14-10) et surtout contre #19 Penn State (41-17) ont marqué les esprits et renforcer les convictions d’avant saison, la lourde défaite contre #11 Michigan (21-47) a remis bien vite Notre Dame a sa place. Le fantastique retour contre Michigan State (19-0 dans le quatrième quart temps) pour s’imposer d’un cheveu à East Lansing (40-37) et la courte victoire contre UCLA (20-17) ont montré que les hommes de Charlie Weis avaient ce qu’il faut pour gagner des matches serrés. Mais comme contre Michigan, les Irish n’ont jamais été en mesure d’accrocher les grosses écuries de Division I-A et ont concédé deux sévères défaites à #3 USC (24-44) puis au Sugar Bowl face à LSU (14-41). Le départ des joueurs offensifs clés pour la NFL (ou les MLB) seront durs à compenser en 2007.

TCU (#22 AP / #21 USA Today)
2ème Mountain West : 11-2, 6-2
Texas Christian avait remporté la Mountain West en 2005. Avec deux défaites contre BYU et à Utah (7-20), les Horned Frogs ont rendu le titre. En battant #24 Texas Tech (12-3), TCU a néanmoins montré qu’il appartient bien au gratin du College Football et aura très certainement envie de rejouer le coup de Boise State en 2007.

Hawaii (NR AP / #24 USA Today)
2ème Western Atlantic : 11-3, 7,1

Pour voir du spectacle en 2006, il fallait aller du coté de Hawaii : 47.3 points et 599.9 yards par matches dont 441.3 à la passe avec un rating de 185.9. Bref, du très lourd, mais insuffisant pour remporter la conférence Western Atlantic. Les Warriors ne sont pourtant pas passés loin d’une saison parfaite, avec trois défaites relativement courtes à Alabama (17-25), à #25 Boise State et contre Oregon State (35-32). La belle victoire contre Arizona State (41-24) à l’Hawaii Bowl conclut en feu d’artifice cette année d’offensive à profusion. Le retour du prolifique QB Colt Brennan en 2007 annonce d’ores et déjà un festival aérien de tout premier ordre.

Top performers (des équipes mentionnées)
Colt Brennan (QB, Hawaii) : 406/559, 5549 yds, 58 TD, 12 INT (14 matches) (1)
John Beck (QB, Brigham Young) : 289/417, 3885 yds, 32 TD, 8 INT (12 matches)
Brady Quinn (QB, Notre Dame) : 289/467, 3426 yds, 37 TD, 7 INT (13 matches)
Jared Zabransky (QB, Boise State) : 191/288, 2587 yds, 23 TD, 8 INT (13 matches)
Ian Johnson (RB, Boise State) : 276 rush, 1714 yds, 25 TD (12 matches)
Darius Walker (RB, Notre Dame) : 255 rush, 1267 yds, 7 TD (13 matches)
Davone Bess (WR, Hawaii): 96 rec, 1220 yds, 15 TD (14 matches)
Jason Rivers (WR, Hawaii) : 72 rec, 1178 yds, 10 TD (14 matches)
Jeff Samardzija (WR, Notre Dame) : 78 rec, 1017 yds, 12 TD (13 matches)

(1) Record de TD en une saison