Le Draft, un modèle
Julien Gaignard - Mai 2006

L'argent du Draft NFL

Le week-end du 29 et 30 avril a eu lieu aux Etats-Unis, la grande messe du football américain. En ce jour de Draft, les clubs de la NFL se sont partagés les meilleurs « prospects » universitaires.

Le Draft Day est en effet une tradition que l’on retrouve seulement en Amérique du Nord. Chaque année, les équipes professionnelles de football américain, basket-ball et base-ball, recrutent les joueurs universitaires qui se présentent au recrutement : en général les seniors, mais des joueurs n’ayant pas encore fini leur cursus peuvent également poser leur candidature pour les ligues professionnelles. En plus de la Draft, le système sportif américain inclut également un mode de transfert comme on peut connaître en Europe. Certains joueurs peuvent être transférés tout au long de la saison et de l’intersaison, il n’existe pas de périodes de « mercato ». En plus de cela, il y a le système des free agents, qui sont des joueurs en fin de contrat. A partir du moment où ils deviennent free agent, les joueurs sont placés sur une liste spéciale et peuvent être transférés. On assiste également à de nombreux échanges de joueurs, c’est une coutume dans le sport américain que de transférer un joueur majeur contre plusieurs joueurs. La différence des transferts américains avec les européens et qu’il n’y a pas de périodes déterminées, on peut en effectuer tout au long de la saison.

Cette méthode paraît particulièrement efficace. On peut alors se demander pourquoi il n’existe pas un phénomène comparable à la Draft en Europe. Car plus que le fort aspect médiatique qu’entraîne un tel jour. Ce recrutement permet également une répartition plus équilibrée des talents parmi les différentes équipes. En effet, l’ordre de choix diffère chaque année, ce qui permet ainsi à chaque équipe d’avoir la possibilité de prendre tour à tour les meilleurs joueurs universitaires. Cela permet donc aux équipe les plus faibles ou les franchises les moins argentées d’obtenir le premier choix de Draft, donc logiquement le meilleur joueur universitaire de l’année. En Europe cela ne pourra jamais arriver car seuls les plus gros budgets peuvent se permettre d’acheter les futures stars. Si cela était le cas , cela signifierait que comme l’on peut voir Lebron James signait avec Cleveland, un joueur comme Robinho aurait très bien pu débarquer à Nancy plutôt que de rejoindre inévitablement le Réal Madrid. On parle souvent du « sport business » américain où l’argent prend le dessus sur l’aspect sportif mais avec le système de la Draft ce n’est pas vraiment le cas. Alors qu’en Europe, il n’y a que l’argent qui prime pour le recrutement.

Mais que faire alors pour développer un tel type de recrutement en Europe ? Le problème majeur vient du fait que chez nous le sport universitaire n’est pas du tout développé. Les jeunes sportifs sont recrutés par les grands clubs dès leur plus jeune âge, et ils intègrent les centres de formation. Cela entraîne des engagements financiers déjà importants, ce qui peut être très malsain pour l’avenir de l’enfant. Aux Etats-Unis, il est interdit de rémunérer les athlètes tant qu’ils ne sont pas professionnels. Cela évite que les jeunes talents ne s’expatrient vers des eldorados financiers comme c’est le cas en Europe. Il serait donc impératif de changer l’approche du sport en Europe, et d’en faire une matière scolaire à part entière afin de développer de gros programmes comme en Amérique. Car chez nous, le sport scolaire est représenté principalement par l’UNSS, et ce n’est pas avec un tel système que l’on va créer des champions. La seule vraie structure est l’INSEP et ses équivalents en Europe seulement le nombre d’athlète accepté par ce type d’établissement est très limité. En comparaison, le nombre de sportifs universitaires donc de haut niveau présents aux Etats-Unis correspond au nombre de personnes pratiquant le sport en tant que loisir en France. Le déséquilibre est donc énorme.

Avec le système actuel européen, il apparaît difficile de mettre en place une Draft afin d’assurer le recrutement des jeunes talents. Cela est regrettable car le sport universitaire est un très bon moyen de détections, et il est certain que l’on passe à côté de gros potentiels.

Il serait bon que les instances concernées se décident à mettre en place un concept semblable au modèle américain, afin de donner sa chance à plus de monde mais aussi peut être afin d’assainir le milieu des jeunes sportifs européens gangrené par l’argent.

Par Julien Gaignard - 2006





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