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Belette - Fevrier 2006

Frédéric PaquetFréderic Paquet,
Président de la FFFA.

(interview réalisée en février 2006)

Cette année a marqué la fin du remboursement de la dette. On devrait se réjouir d’une telle nouvelle, pourtant on est vite rattrapé par la réalité : la FFFA est une petite fédération qui ne dégage que très peu de ressources supplémentaires. Est-ce un réel handicap ?

La fin du plan aura lieu le 30 mai prochain. Ce n’est donc pas tout à fait fini. Mais effectivement, c’est un énorme soulagement et une vraie fierté d’avoir franchi cette épreuve qui aura duré 10 ans !

Outre la difficulté de fonctionnement due au manque d’argent quotidien, ce plan aura été préjudiciable dans la fait que nous n’avons pu investir dans l’avenir.

Maintenant, effectivement, la fin du plan ne résout pas tous nos problèmes car nous ne sommes pas encore arrivés à un budget minimal de fonctionnement.

Nous avons triplé nos recettes en 10 ans pour arriver à un montant d’environ 850 000 €. Pour pouvoir fonctionner vraiment correctement, nous aurions besoin d’environ 1 100 000 €.

C’est pour cela qu’il nous faut attirer de nouveaux licenciés. D’une part pour avoir plus de joueurs et de clubs, d’autre part pour avoir plus d’argent et prouver que nous pouvons être une clientèle intéressante pour de futurs partenaires.

Très récemment, la Fédération Française de Rugby à XIII a obtenu des aides (525 000 euros pour le projet Structura XIII) du Fond Social Européen pour créer des emplois dans l’encadrement de leur sport. Le Foot US, plus qu’un autre, a besoin d’un encadrement formé et compétent pour apprendre les règles et les systèmes de jeu, propre à ce sport. Partagez-vous l’idée qu’il faut d’abord professionnaliser l’encadrement avant les joueurs ? Si oui, comment s’en donner les moyens ?

La constitution de dossier de subvention européen est un dispositif très lourd que nous ne sommes pas actuellement en capacité de monter. Le personnel que nous avons est utilisé à 150 % au fonctionnement quotidien de nos disciplines.

Pour ce qui est de la professionnalisation de l’encadrement, bien sûr que je suis pour. C’est le choix stratégique que nous avons fait, il y a 10 ans et que nous menons tous les jours.

J’ai toujours été convaincu que c’est à travers la présence de personnes qualifiées et ayant du temps que nous pourrons accompagner au mieux tous nos clubs et nos licenciés.

Le Foot US est sans doute le seul sport collectif capable d’accueillir la plus grande variété de gabarits. C’est surtout le cas pour les personnes en surpoids. L’obésité étant un problème de santé publique, pourquoi ne faites-vous pas valoir cet atout auprès des autorités concernées ?

C’est un thème sur lequel travail le médecin fédéral, Valérie AMIARD. Elle est en relation avec le MJSVA sur ce dossier.

Même s’il est évident que les subventions publiques sont précieuses, n’est-on pas en droit de s’étonner de ne pas voir deux ou trois sponsors majeurs accompagner les destinés de notre sport ? D’autant que votre maîtrise de l’anglais et vos contacts outre atlantiques plaident pour vous.

Pour pouvoir attirer des partenaires, il faut deux choses : un produit attractif et une force de vente. Nous avons passé ces dix dernières années à construire un produit ; à savoir, un fonctionnement fédéral, de ligues et de clubs opérationnels et des championnats stables. Tout n’est pas parfait, mais c’est correct.

Il nous reste maintenant à mettre en place un moyen de vendre, autrement dit d’aller chercher des partenaires. Cela nécessite des moyens financiers que nous n’avions pas et que nous essayons de trouver. Nous avons, jusque là, essayé plein de choses pas cher (ne payer qu’à la commission par exemple), mais rien n’a marché. Nous sommes confrontés au problème d’avoir besoin d’argent pour trouver de l’argent !

On y travaille.

Le personnage

On vous décrit volontiers comme une personne plutôt sérieuse, solennelle voire « langue de bois ». Certain vous reproche de vous abriter derrière un discours formaté pour justifier vos choix. Est-ce pour trancher avec les dérives du passé ou mieux vous protéger ?

Si effectivement je parais en public assez « sérieux » comme vous dites, c’est surtout parce que diriger une réunion ou répondre à des attentes demandent beaucoup d’attention pour ne pas faire d’erreur.

Par contre, je ne pense pas être langue de bois. Si vous repreniez tous les discours, courriers ou interventions que j’ai pu faire depuis 10 ans, vous pourriez constater que j’ai toujours annoncé à l’avance ce que nous allions faire et pourquoi nous voulions le faire.

Je crois avoir toujours répondu franchement aux questions qui m’étaient posées, quitte même à dire que je n’avais pas de solution parfois.

J’ai l’obsession de la cohérence dans les propos et les actions, ce qui me demande d’être très attentifs à tout ce que je dis ou je fais.

La majeur parti de nos abonnés sont des joueurs de D3. Beaucoup ont conscience d’avoir choisi un sport qui ne leur apportera aucune notoriété et, sans doute, peu de reconnaissance dans leur entourage. Que pourriez-vous leur dire pour les encourager sur le choix qu’ils ont fait ?

Dans un sport amateur, le seul vrai intérêt pour un joueur est de se faire plaisir. C’est pourquoi je conseille aux joueurs de garder à l’esprit ce pourquoi ils sont venus : prendre du plaisir, s’amuser entre potes ou aller vers l’excellence.

Et ce, qu’ils soient en D1, D2 ou D3 et à Brest ou Nice.

Le jour où vous quitterez la présidence de la FFFA, qu’elle voudriez-vous que l’on dise de vous (ou que l’on ne dise pas) ?

J’avoue honnêtement que je n’y ai pas pensé, tout simplement parce que çela ne m’intéresse pas. Bien sûr, comme tout le monde, je préfère qu’on m’apprécie plutôt qu’on me déteste, mais çela ne guide en aucun cas mon comportement dans la mission que m’ont confié les gens qui m’ont élu.

Je sais bien que prendre la direction de quelque chose implique automatiquement qu’il y ait des gens pour et des gens contre ce que vous faites. Ce qui est vrai pour le président de la fédé est également vrai pour un président de club. C’est la nature humaine.

Personne ne m’a forcé à être là. Je suis là parce que je crois que je peux apporter quelque chose à cette fédération. J’ai un projet à mener et je le mène jusqu’au bout de mes convictions.

Je peux faire des erreurs, j’en ai déjà fait, mais j’avance avec honnêteté.

Le jour où j’aurai le sentiment de ne plus apporter quelque chose, ou qu’on ne voudra plus de moi, je m’en irai sans regret avec le plaisir d’avoir aidé à sauver et développer une fédération qui aurait dû disparaître, il y a dix ans.

Après ça, chacun pourra penser ce qu’il veut de moi. Ca ne sera jamais un problème pour moi.

 

Interview réalisée par Belette - Février 2006

>> voir interview de F. Paquet 1997

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